I 46 INTÉRIEUR D£S FAMILLES
Rien n^est plus fêté que les jours de naissance : on se félicite ^^n s'assemble, cm dîne et l'on danse à diaque anniversaire de tous les membres de la famille. Comme il n'y a point de jour où quelqu^un ne soit né, on peut être sûr que tous les soirs, la joie et les plaisirs régnent dans plusieurs maisons. On cboie aussi le patron ^ ce qui double les occasions d^amusemens ; chose très-commode pour les parasites ! Ici cette secte est nombreuse et trèsr fiorbsante. Madame Louise est à la fois naïve et distraite : elle me disait : « La maniq de fêter les jours de naissance va si loin chez les Russes que souvent quatre-vingts personnes s'agitent jusqu'à cinq Heures du matin pour câébrer Tasniversaire d'un enfant de trois. mois. » Elle voulait sans doute dire de trois ans.
Pétersbourg fourmille aussi de bons ménages : généralement la conduite des pennes femmes , tant à la ville qu'à la cour , semble irréprochable ; rien de si rare que le scandale , et je serais fort en peine d'en signaler un. Cependant la foi conjugale est une question |.rap délicate pour qu'un voyageur prudent s'y engage
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BeaiKoYi{^>:d>tfl|eîètis - épMl& vivent së^arés ; chez nous , ce parti eittémè^'af caillais 4iett sans éclat : on s'irrïte , on plaide , et Ton se donne la peine et le ridicule de beaucoup se haïr. Ici , les choses vont tout autrement ; la douceur de mœurs se retrouve; on se sépare; mais la distance qu^on place entre soi n'exclut point les rapports de société. On s'invite à dîner, et même à souper ; on se fait des cadeaux ; on se donne des fêtes ; c'est le sublime du savoir vivre. N'aije pas vu un très-aimable diplomate russe s'empresser, après une longue absence , d'aller rendre visite à sa femme , dont il vit séparé depuis trente ans; chaque matin, à midi, pendant huit jours , il se rendit exactement chez elle ; puis il y alla deux ou trois fois par semaine, et puis enfin une fois par mois ; mais jamais moins.
Je me trouvais récemment dans une soirée nombreuse , dédiée par une belle dame à son mari, qui Témancipa depuis nombre d'années;
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c'était le jour de naissance de l'époux. Après le concert, sa femme chanta un ]oli couplet, qu'elle accompagna d'une émotion fort bien rendue; le vieux mari tira son mouchoir; encore un couplet, et nous couricmsle risque de voir briller une seconde hme de miel^
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