ADMINISTRATION ET STATISTIQUE
la «ci«nc« des albins ae s'apprend qu*aTec beaucoup de UHivfttts, longuea et iaborkuscs •ccapatiims, pounrR encore qu'elle reiwonlre une nature patiente de bb««r, •t qui pniiM ait^memt supporter toutes adtevtiUs de fortune.
9Lii«AmQ0«« trad. d^Amjot.
Dans chaqae province i là direction des af&ires est entre les mains d^ouverneur ; ses fonctions embrassent k policeet Vadmimstraiion générale; Éétte dernière branche comprend les postes , les confecticmiâ et réparations de chemins, la sur^ yeillance dn recrutement et du passage des trou^pes , celle des tribunaux ; il correspond avec le ministre de Fintérieur chargé de la police de Tempife ,<avec le sénat , et le procureur général du ^énat, ministre de la justice. Dans les cas urgiens y il écrit directement à l'empereur. C'est aussi dans la chancellerie du gouverneur que les
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étrangers obtiennent un permis de séjour, et le^ voyagi^iirs des pa'dàrôjhd, '"'
Le vice-gouvéfnetir est chargé de Tadministratron financière ; le' pfélèvéméiiïSéslinpÔîs directs lui est confié, ainsi que la régie des contribuions indirectes ,4.ets *(|àe le séf et la' vente des 6aux-de vie , dont l'état se réserve le privilège exclusif. Ce vice -gouverneur préside la chambre des fins^nces ; il examine les comptes de recettes et dép^tases, pôur¥OTt aux frais de constructions publiquefi:.etde celles de la couronne y paie les appointemens des employés , et , après avoir satisfait aux charges locales , il adre$9e les fonds restans îm'iiçisoc' géA^i^l* de Vempii;^:
' Cha<{tte chef-li^ derd^rictf a-uh c^ssier' on receveur qui « verse- dani» lacai^^^ dtt t^liefTlieu ;. cet entploy<é a sous ses or^reÀ^un^^iiiei études ageus sous-percepteurs des.Qontrijbutî^OK"
IA' police de toutes les vill^: de; di$4[|j^t est faite p^j^un gêtomdchi'QXk xa^teri h poU^ e3e«tétiôure. de- raf]ronjdissenie«l aftparti^Ht^flii QSt-* pitaine' de iis^ct ^Vî^^admik'^' te jgfi^iet t$k nommé par lacd|ii^im6,le'délsoild' pair lai no*
blesse.*
Administration, etc. iSi
Le service des pompes, l'éclaicage , la propreté des rues, les numéros des maisons., Its eiisei|pes<, les passeports , les logeraens des troupes, les procès relatifs aux locations , lea discussions qui s'élèn^ent enti^ les particuliers, lés mesures sanitaires,. tMites ces brandies «d^drainistration appartiennent à la police.
L'administration municipale est purement fiscale ; elle est entre les mains de la bourgeoisie et des marchands; on; là nonltme lanm^ifai. Une de ses principales attributions est de nece- Yoir la déclaration des propriétaires d&maisons, et d^asseoir la contribution imposée U celte natnre d^immeubles, dont la taxatiim est' fix^ d'après l'espace de terrain qu'elles oeeapent et la valeur approxôsatlvo des-locationsi- lie ma»gîsiratftilhse cet impôt , et cesfonds' sont àf>feetës aux iftparations des maisons deUa cou^ronne, au curage des' canaux, à la fiirarmtnre des pailles pour les' prisons et les casétttèâ:, à la subsistance des prisonniers, enfln$ aus-embellissemens de'layille^ comme construcliotts de ponts, pianotions, etc«, etc., etc. Lé paiement des bon^duA* ( garde» sfafionnaires dés rues) et
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des pompiers se fait aussi par Tadministratioif municipale.
EHe perçoit encore le droit d'exemption pour le logement des troupes. Les particuliers font appel à cette autorité des décisions prises par les chefs des corps de maîtrise lorsqu'ils ont k s'en plaindre.
Occupé à dïtaillet les attributions administratives , il me Tint à Tidée de chercher des renseignemens sur la statistique russe. A cet effet, je m'adressai à un employé fortement initié dans les chiffres et dans ]es paperasses d'administration ; il me découragea au premier mot : « Qum* <fie voué par état , me dit-il , aux affaires de mon pays, je ne pourrais vous donner que des renseignemens vagues et incomplets comme ceux que nous obtencms nous-mêmes. Nos états de situation sont imparfaits, quelle qut! soit la branche à laquelle ils appartiennent ; cela peut-il être autrement chez un peuple encore neuf dans la science administrative? La mobilité de nos institutions, qui subissent des modifications commandées par le tems et l'exemple ; les alternatives de notre commerce, les nombreux changemeirs
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adoptes pour l'organisation de Tarmëe, les va* riations dans les recensemens, voilà $ur quoi j'appuie mon refiis. Je vous remettMs un tableau où vous croiriez trouver la loi et les prophèies ; eh bien ! à peine arrive en France , il faudrait vous en adresser un nouveau , qui , peut-être , vieillirait pendant le travail du cornposùeur, si vous aviez l'intention de l'intercaler dans un ouvrage. San^ avoir précisément la sagesse de Pénélope , nous autres Russes* défaisons quelquefois le soir ce que nous fîmes le matin. Depuis votre séjour ici , trois tarifs de douane se succédèrent au grand préjudice des eemmerçans étrangers, qui ne savent jamais sur quel- pied danser, ou plutôt sur quel pied vendre et acheter les marchandises ;- comment parviendrait -on , avec cette mobilité, k établir raisonnablement une statistique de cet empire? »
Tel fut le discours de mon administrateur septentrional. .Comme il est l'unique personnage dont je pouvais obtenir les détails qu'il m'eût été agréable de porter en France , me voilà condamné à une ignorance profonde.
Généralement on s'exagère beaucoup iMmportance de ces tableaux qui , souvent , n'ont
|54 ADM1NI9TRATIOK, etok d'autres bases que des doimées' et de»- cotije^ tares ; mais on a la fureur, de se readife compter de tout, "lit on s'ëgam dAns le dédale d* ce» apprëciations poussées souvent jusqu'à la aiaisférie.
Mon employé russe , qui çst un dréb. de cof'psy me disait : «< Si , pendant ratfitirdè règàe dm système continental,. tous .eassiest (^ïÎMrt , das» un état de situation , le nombre des barriques boiirguignounôs qui entraient anà^élkaa^nt e» Russie , cette supputation serait aujourd'hui de toute fausseté. Depuis raifraèchissenKint de» mers 9 nous donnons une préférence presq«e es-. oln&iy6 aux vins de Bordeaux. Vous avez pu remarquer que , dans les repas dé Aos c^ands seigneurs , il se boit dix -neuf bouteilles de Château-Margot snv une^ Chambêrtim. Les vifts de. Bourgogne sont généralement contraires airx tempéramenfs du Nord, sujets à étsjj/ficiiofishémorroYdales ; anssî, lè système continental nous écbaufia-t-il prodigieusement; il nous donna une violente humeur éontre votre Biajiesté rPa* lors , et peut'ètte aussi un peu contrife notre noble souverain. Gé prince, le. plitS honoéte' braime de son empire f fui rdigteux observa-
teur ée tons les traités bons ou mauvais. Le système ée proUbitioit plaisait à son alKë ; Yeitt* perenr, lors de l'entrevue à Erfurt, s^engagea à le sontemx » et tint fidèlement parofe. Vons savez que Boila parte, pour égayer les traités, fU vcmr de Paris ses comëdtefis ordinaires et son aror Tatma. On représenta ta tragédie à*Œdip€. An moment où Philoctète dît :
L*amilié d*ua gran4 homme est ud l^ienfait dci dieui ,
notre monarque , se tournant vers Napoléon , hii dit: « Mon frère, permettez que je me fasse Tapplication de ce vers, m L'a- propos était bien aimable, mais il nous coûta fort cher; pour soutenir ce madrigal, il fallut fermer hermétiquement nos ports de îa Baltique, du golfe de Pinlande et de la mer Noîre. Les douaniers redoublèrent de vigilance; rien n'entra, et, par une conséquence assez juste , rien ne sortit. Chanvres, bois de construction,, fer, cuivre, cire, goudron, fromens, tous nos produits languissaient dans les magasins , et nous mourions de faim au milieu de notre opulence. C'était de qifoi nous désabuser du vers de Philoclète , d'autant mieux que Bonaps^rte finit par répondre à une
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déclaration d'amour par une déclaratioti de guerre. Et , certes , cinq cent mille baïonnettes étrangères étaient un triste bienfait des dieux. Notre Alexandre ne fut point ingrat , il imita U générosité àt son frère ^ et lui fit cadeau d'un million de soldats. Hélas! pauvres peuples, dont le sort est d'être froissés dans tout état de cause, soit que les maîtres du monde se disent des douceurs , soit qu'ils échangent quelques coups de canon ! Mais, pour revenir à no» idées de statistique, vous seriez curieux-, par exemple, de savoir combien annuellement nous faisons sauter de bouchons, car le vin de Champagne }ouit chez nous d'une véritable considération ; mais le moyen de vous satisfaire! Il faudrait pouvoir ajouter au vin qui entre tout celui qui n'entre pas, attendu qu'on en fabrique sur place. En Allemagne, un marchand a fait inscrire sur l'enseigne de sa maison : Ici en fabrique de Vexcellent vin de Champagne. Nous n'en sommes peut-être pas là pour la naïveté des inscriptions ; mais nous possédons bon nombre (Fhabiles chimistes français, allemands et italiens, dont les fourneaux et les alambics échappent aux argus de la police, qui, d'ailleurs, s'enivre volontiers
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avec les coatrèfaçons qu'elle confisque de tems à autre, pour le bon.exemple*
» Quant à la population de ce grand empire , je ne saurais vous la donner qu'en me trompant de cinq à six roUlions, en plus ou moins, et, dès lors, à quoi bon ? Ces tableaux n-ont de prix que par leur justesse ; comment soumettre à des calculs de dénombrement des Manichous , des Kirguis^ des Osiiaks, gens qui ne se sont jamais comptes eux-mêmes?
» Je pourrais peut-être répondre plus juste si TOUS me demandiez lê^nombre des régimens de l'armée et celui des soldats que cbaque corps doit présenter ; cet état offrirait sans doute une réunion de chiffres très-imposante; cependant vous pourriez être encore loin delà vérité pour plus d'une centaine de mille hommes. Lotsqu'en i8oi^ nous fîmes brusquement la guerre à la Suède , les régimens durent traverser cette capitale pour se rendre sur le théâtre des opérations militaires; on voulut juger de l'effectif; on passa des revues ; ce fut un beau train ; il fallut singulièrement décompter; 'un voyageur eût été bien en défaut avec ^'a statistique en poche !
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»»^Si VOUS me que&kioBnes sur i<8 qsantifé A-^ et d'argent extrait annoeileiiieftt de nos xmnes^ comment pourrais^e la préciser, lorsqv^la couronne et plasieurs pàftieuiiers se réveillent avec lime iia«v«ile terre iiEldûraiê^ où un P&cfok qni , à leur insu , coulait des paillettes d^or dans leurs possessions? Cette année est très-fertile dans ce genre de découvertes: madame la comtesse de StrogonoflF est une des dames pacUf^ Usées,
» En Russie, où la marrhe est tovjiours ascendante , oà chaqu&4nnée l'industrie fait d'inmrmbràhles progrès , où les exploitatîoi^s agricoles obtiennent toujours da^ntage d'une terre à laquelle ou ne demande jamais tout ce qu'elle peul donner ; où enfin des lois tdenfaisantes affranchissent des pfovinces entières dtt joug de la glèbe, une statistique est plus difficile & obtenir que partout mlleurs* »
D'après ces explications , que je crois fort justes, ce pays n'adoptera pas de sitôt la manie de tout réduire en chiffres. Bonaparte, qui, dnns rintérét'de son ambition et de ses vastes projets , soignait'beaucoup le positif des choses, , contribua puissamment à propager la fièvre des
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Stati^H<fti«s. Dans ses tournées de promces ^ il dentandak brusquement à un préfet: « Cembienr y â-t-il de bétes à cornes danis yotre département? c<lnibkin les» poules pondeBt-eties d'oBUfsdans un jour? quelle est la quantité de livresde beurre qui se vend dans vos^ marchés? etc. Comme le héros n'avait pas Tair plaisant , même lorsqu'il plaisantait, M. le préfet prenait tout cela au sérieux; mais s^mvént il ne savait trop que répondre à des questions aussi soudaines que bizarres. Dès que la belliqueuse majesté avait tourné le dos , Tadmimstrateur cherchait à se mettre en garde contre une nouvelle surprise ; de là , cette cascade de puériles questions aux sous-préfets , à^^ sous-préfets aux maires , et des maires aut poules et aux din<dons; car les questionneurs ne faisaient pas grâce à une seule volatille. Un préfet du Lot pressa la maxime au point de s'informer du nombre des moineaux en âge de marauder dans les céréales de l'arrondissement ; le compte rendu; comme bien vous pensez , ne fut qu'approximatif. Au fond , Bonaparte , dans ses courses pastorales , ne prenait un très-vif intérêt qu'à deux choses , la levée des conscrits
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et celle des impôts; lorsque ces deux industries administratires marchaient bien, le préfet pouvait décacheter les lettres du ministère sans battement de cœur, et diner fort tranquillement
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