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ht$ climau font sonveot les direrses bukneuri.
BoiLSAOf ^rt poétique.
Il fant savoir noas faire au pays oè nous sommes, . An siècle où qoas rivons. ^
Grkssst^ SitUitst, •««• II» »c. »,
Un homme très -judicieux, qui voyage beaucoup, et qui sait observer, me disait : « En vérité , les peuples ont grand tort de se dénigrer réciproquement, c^est une sorte d'enfantillage; chez tous , les vertus sont à peu près de même poids ; que trouvons-nous après avoir beaucoup cherché? des hommes, et encore des hommeç.: leurs caractères ne se distinguent que par d'imperceptibles nuances, surtout dans les premières classes ; ainsi les Polonais , quand ils médisent des Russes, médisent d'eux-mêmes. S'il était I. * 8
possible de peser un salon anglais et un salon allemand , on trouverait même quantité de sots , d'égoïstes , «l'envieux , de têtes à l'envers ou de gens de mérite. Qui ressemble plus à un Espagnol orgueilleux qu'un Napolitain vaniteux ? et à un Autrichien entêté qu'un Hollandais obstiné? Toutes les infirmités morales ont droit de représentation dans nos coteries européennes. D'ailleurs , ajouta mon cosmopolite , je ne vois point les choses trop en noir; partout j'ai reconnu que les méchans sont en -minorité ; mais je ne vous réponds pas de l'avenir ; le$ rangs des belles âmes s'éclaircissent à vue d'œil, et les qualités brillantes deviennent fort rares. Un homme aimable disparait , son fils ne se croit nullement obligé de le remplacer; les survivances sont passées de mode , cela me fait trembler pour nos petits-neveux. Qui a jamais vu trois générations se grouper dans lè même tableau? L'hiver dernier, me trouvant à Paris chez madame il!fa//^^iiii , on annonça les MM. de Fonrose ; c'était le grand^père, le fils et le petit-fik^ ('un âgé de soixante>dou?re ans, l'autre de quarante-trois, et le dernier de dix-huit. Le vieillard était gai , franc , plein de roi^eur, em-
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pressé auprès des femmes , bienveillant avec les hommes. Son fils me sembla poli, mais sérieux cl rëscTTé , enfin , tout autre que Ié père. Quant au jeune Fonrose, il se montra taciturne ou tranchant , ne disant rien, ou disant trop ; pas «nëelair d'enjouement, pas un mouvement d'aimable folie , rien de jeune ni d'attrayant ; enfin, l'aurais A<mné volontiers ces deux générations pleines de force et de santé pour ce bon vieillard , si aimable, si occupé des autres, et $i peu imité par ceux qui le suivent.
» Avez - vous remarqué , ajouta mon La Bruyère "voyageur , qui aime'à changer de conversation comme de pays , rétonnante influence de la profession de chacun sur son caractère ? Plusieurs personnages que j'ai connus à Pari$ m^ont offert les nuances les plus tranchantes , et qui tenaient à la diversité de leur position.
^ Ainsi les bomm^ condamnés à des occupations sédentaires , à une existence uniforme , sont graves et souvent moroses.
» Quoi de plus gai , au contraire , que les gens forcés par état de changer de place à toute heure ! Les médecins , par exemple , sont presque tous aimables et d'une humeur ei^ouée ; brusquerie
de transitions, alternatives, agitation- d'esprit et de corps^ changement de tableaux^ voilà leur existence.; to^t conspire à raviver leur imagination; ellp ne se repose pas plus que les maladies. Le sommeil moral est pour qes Messieurs la chose impossible ; il faut songer sans cesse à recréer le malade, même à le guérir» à consoler les parens , à se réjouir ou à s'inquiéter avec eux; un médecin peut être contrarié, mais je lui défie de connaître l'ennui ; où se mettrait-il ? il n'y a pas déplace ! On me dira que souvent le docteur arrive chez son malade au moment où cç dernier s*en i>a, D'accuid! mais pensez donc que le cabriolet est là ; en dix minutes sa faculté y introduite dans une autre chambre, parait au moment d'une crise heureuse qi4 vient d'opérer la guérison. Le remède peut-être hasardé fait merveille ; on entoure l'Hypocrate , on le nomme sauveur, libérateur; on le caresse, c'est *un ami fêté , honoré ; vous concevez que le ressuscité de la minute lui fait oublier le mort du quart-d'heure précédent, rien de plus juste. Bientôt il va se reposer des grandes éniotions près d'une jolie ^ femme dont il écoute les confidences; puis il soigne la goutte d'un banquier.
la jaunisse d^un conseiiler-d'état , Tindigestion d'uijÉkDistëriel , la fièvre d^un membre de Top- . position; enfin, chaque demi-heure lui porte une chance nouvelle; une voiture légère, un cheval à jambes de cerf, seconde son activité ; car il dédaigne ce lourd carrosse de la vieille médecine, dont la lenteur sauva les jours ou causa la mort de tant de gens.
» La guerre est une occupation assez au^tère^ et en général , on se bat sérieusement; il eiit dif-, ficil€ qu'un capitaine d'infanterie ne soit pas désagréablement préoccupé , lorsqu'il se trouve placé comme un terme devant une batterie foudroyant les rangs qu'il commande. Eh' bien ! regardez à deux pas de lui voltiger les aides-decamp , la mort voltige aussi près d'eux ; mais ils l'attendent gaiment , leur figure est toujours riante, parce qu'ils sont toujours en mouvement f j'ai fait moi-même ce métHer, et ce n'est pas l'époque la moins heureuse de ma vie.
» Connait-on rien de plus cruellement sérieux • que les figures de nos chefs de division, chefs de bureaux, conseillers, etc. , etc. Pendant six à sept heures de suite , et lorsque tout Paris s'évertue , ces Messieurs , cloués sur une chaise , n'ont pour
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distraction qu^un torrent de cliiffres, de tableaux de recrutement, d'impositions, de consti^febus, de délibérations , etc., etc. Démocitite Im-mêmc fondrait en larmes devant ces dossiers gonSés d'intérêts soporifi(}ue$« En revanche , voyez les inspecteurs de ces mêmes administrations : presque tous sont d'une- légèreté sémillante, parce qu'ils changent souvent de climat, d'habitude^ et d'4)ccupations. La chaise de poste les retrempe sans-cesse; dans l'espace de trois mois, ils ont travaillé, contrôlé, destitué, loué, désapprouvé, dîné , joué et dansé , dans plus de quînaie dëpartemens.
» On n'accusera point de mélancolie MM. les diplomates , qui sont toujours arrivant , dépéchant, partant, ou à la veille de partir; il est dans Tessenee du métier de courir sans cesse, de tout voir , de tout connaître et de tout en- , tendre; travetse-t-on jamais une rue sans rencontrer un carrosse avec le chasseur panaché? Rien ne donne Fidéô du mouvement perpétuel comme les ambassadeurs et les secrét^res de légation.
M Quelle jovialité dans les postillons et les pa*rasite$ : les uns , continuellement à cheval , par-
LES CARACTÈRES. r llh
tent leur gaité et leur msooeiaiice dans tous les cabarets qu'ils visitent ; les autres toujours à pied ; mais heureux d'échapper à la monotonie
, du pot-au-feu et de changer souvent de cuisine et d'amphytrions.
» Et les perruquiers , jadis si réjouis et si réjottisâfths ! ce coiffeur à la houppe , allant d'une maison à l'autre , sifflant , (redonnant un couplet £t accrochant quelque nouvelle pour ne pas rester court à cette première question de la pratique çuîd non; le peigne en main, récitant des vers 9 imitant un acteur /faisant ou défaisant les mariages ! Je ne m'étonnerais point que Beaumarchais eût emprunté son Figaro à l'un de ces enfans de Momus.
» Disons maintenant la nouvelle du jour : dans un pays privé des fluctuations du gouvernement représentatif, pour se' distraire , on fait argent debout. Aujourd'hui ^ la mystification d'un jeune artiste amuse quelques salons. M. *** veut graver des médailles représentant les vingt-quatre
r derniers czars ; il s'est entouré de tous les vieux souvenirs , mais il n'a rien trouvé de satisfaisant pour rendre avec exactitude les traits A^Içpan Fassiliémich; cette lacune le désolait. Le maUn
I^rince Serge ^ auquel il confia son embarras ^ lui dit très-sérieusement qu^aulrefois il avait possédé une médaille du redoutable Iwan, qui semblait être le portrait gravé de M°^ Araminte, L'artiste , un peu crédule , s'est coiffé de cette idée , et le voilà courant les théâtres et les promenades, piôur saisir, dans la figure de*^cette dame, les traits d'Iwan le terrible; ainsi, prochainement , Araminte va figurer au nombre des vingt-quatre cîwrs. Après cela, payons chèrementun Othon , un Galba , une ï'austine ou une Lîvie ; cette idée a de quoi mettre au désespoir tous les antiquaires de TEiuope. »
tE BfeC DE SERRA-CAPMOLA, 177