H'J2 LE CARNAVAL
que d'engonrâissement dans tes jambes ! Il n'y a qu^au village qu* on danse pour danser; encore ai -je vu 'quelques coquettes champêtres rechercher Tapprobation du sonneur et du marguillier.
Mais je quitte les glisseurs'pour aller voir niaisement les Bobèches du Nord. Perchés sur un grand balcon , en ayant de la barraque , ils attirent les spectateurs par leurs grimaces et leurs lazzis. Au miHeu de ces farces populaires on démêle quelquefois des traits assez malins , qui provoquent le rire des nombreuses barbes , qui embellissent l'assemblée. L^un de ces paillasses avait une figure très-ingénîêuse : c'était justice que de lui confier le déjf artemenl de l'esprit. «Quel dommage, disais -je au comte Pierre , que ce Dugason plein-çent ne monte pas sur de plus nobles planches! Cet homme est déplacé , la nature le destinait à dérider la bonne compagnie. Voyez quel déluge d'épigrammes il fait pleuvoir sur les soldats , les mougiks , les marchands et les gens à livrée; chacun a son paquet. Quelquefois il signale à la malice des spjectateurs une tournure grotesque; et la victime désignée s'abîme dans la foule pour échapper à
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]a rbée générale. ^Eeout^^-Ie , me j|iUe comte, il annonce d^un air sentimental ^n'il attend son fils, amené par une nourrice d'un village «roi-, siii. Oii lui porte un>petit ours' emmaillotté et coiffé comme un enfant ;, il le bai^ et pleure de tendresse ^ le nourrisson répond en grognant ; alors le paillasse lui dit : « Monsie^^ mon fils „ - ^ vois que vous aitses^-un petit caractère fort désagrège , parce que les garçons ne tiennent que trop souvent de leur mièrç.. « ^ cette douce, apostrophe , la mère parait , et frappe son mari , qui le lui rextd ; dans ce débat le petit oursin tombe en criant au milieu de l'assemblée, et réassemblée se pâme de rire. -
Après cette pièce je me suis retiré avec une grande partie des* spectateur^ f au bruit des x^o* queries et des huées ^dont paillasse régale ceux ' qui lui échappent sans entrer d^ns |,'enceinte où Ton paie pour regarder. Un^ file immense de voitures à quatre chevaut , la plupart ren^)lies d'enfans, des traîneaux, des chars-à-bancs, des Berlingots j des Drochkis , e\c. ^ etc. ,'-circ4ilent lœtement^utour des barraques ; c'est un Longchamp blanc , qui n'a point la vivacité de notre I^ongchamp vert. Généralement la lenteur des