‹ L'hermite en RussieChapitre 55 sur 91 · PEINES CORPORELLES · texte numérisé non relu

PEINES CORPORELLES

Lt grand air eon Tient aux grands criminelt ; m pureU facilite laur conTersioa.

Fo/it^ à la Nomt^elU'HoIlamdê,

L*iMPÉRATRiCfi ËlisaBeth avait te genre ner^ veux très-irntable ; un jour, passant tant près du lieu où Ton exécutait un criminel, elle tomba saps connaissance au fond de sa voiture. En reprenant ses sens , elle fit vœu de suspendre la peine de mort pendant la durée dé son règne , ne voulant pas imposer cette loi .de sentiment à ses successeurs; mais ceux - ci la respectèrent , et ne s'en écartèrent que dans de rares circonstances. L'impératrice Catherine, lors de la révolte du brigand Pugatcheff^ fut forcée d' éteindre Tincendie dans le sang des coupables; elle usa de la même sévérité pour le conspirateur

^ïkës corporelles. 3o5

^irin0('iVf£i& qui vontuf délivrer Iwtm Antonoviub^ as de la régente Aime.

Quelques criminels d'état furent punis de mort sous lé règne de PavI I^, mais en petit nonbre; le vœu d'ËIisabetli fat religieusement observé par Tem^^ereur Alexandre, jusqu'en 1812, oà le Code d^Tarmée, appelé je ne sais pourquai le Code iaune^ prononça la peine capitale contre les tr^tres à la patrie.

La suppression de la pdne de mort, résultat d'un évanouissentènt , fut-elle un mal pour la Russie? Je n'entrerai point dans cette grande q«estion; toujours esfçU bizaire qn'èa ait choisi le moment eu cetttt pui^aiice venait de prendre rang dans les grandes familk» européennes pour abolir une peine conservée par toutes les sociétés policées comme garantie nécessaire au bon GtàtB et à la sûreté de tous.

Ici, le supplice du knout remplace la peine capitale ; on me dispensera de le décrire ; quel voyageur ne l'a pas fait? Il est fort douloureux, niais rarement mortel; les procédés employés pour la guérison des blessures sont viôtens, mais efiScaces; les plaies se cicatrisent promptement. Le criminel, lorsqu'il a reçu le knout , attend

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dans les prisons l'époque de son départ pour lés mines de Sibérie; c'est ^a seconde partie de la peine infligée, elle ne finit qu'à sa mort.

Le knout entraine la mort civile lorsque le conddnmé subit encore la* marque , qui se compose de trois lettres , et s'imprime sur le front et les joues. Alors, le condamné est privé de tous SCS droits ; il ne dispose plus de ses biens ; sa famille hérite de lui comme s'il était mort, sa femme peut se remarier. Mais, si au contraire le malade ne subit point cette peine infamante , si âon visage ne porte point la tache de réprobation, il Va travailler aux miiies de la couronne ; la disposition de sa fortune ne lui est point enlevée ; et sa femme est libre de partager son exil.

Les narines ^es condamnés au knout ne sont plus fendues, comme autrefois; l'empereur ré-gnant s'empressa d'abolir cette hideuse et inutile mutilation. L'impératrice Catherine avait ordonné la suspension de toute peine corporelle pour les femmes enceintes ; son petit-fils étendit rajoumement jusqu'au sevrage de Tenfant. L'abolition de la peine capitale semblait entraîner celle d'un supplice beaucoup plus cruel , celui

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