‹ L'hermite en RussieChapitre 56 sur 91 · P£IN£S CORPORELLES · texte numérisé non relu

P£IN£S CORPORELLES

(le la qa6$tion; cependant ^ les successeurs d'Elisabeth laissèrent à Alexandre tout rhouneur de ce bienfait ; la question fut abolie par un oukase rendu en 1806.

je pense qu'on né doit accorder nulle croyance à ceux qui prétendent que dans des cas importans la police , voulant obtenir des révélations , nourrit le [devenu de harengs salés en lui refur. sant toute boisson ; au bout de trois jours , cenouveau Tentale. est dévoré d'une soif si ardente, qu'à l'aspect imprévu d'un verre d'eau , offert sous condition , son secret lui échappe infailliblement: cette version ne s'appuyant sur aucun fait bien connu, je la cite uniquement comme une chose bicarré.

La noblesse n'est point passible des peines corporelles; Pierre III en prononça l'abolition par un privilège concédé en 1762; l'impératrice Catherine le coniirma sous le titre de dt^ozians-. kaiâ. gramoia ; le manifeste d'Alexandre, du 2 avril 1801, maintint cette loi. Ce même souve-, rain exempta également les prêtres de la punition corporelle , non ' seulement ceux dejvenant nobles par l'obtention du titre de tîhevalier que donnent tous les ordres rùsses,'mais encore ceux

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exerçant des fonctioiis ecclésiastiques jusqu'aux diàcrei» inclusivement.

Si , par Teffet d^use cléraeuce sur laquelle les opinions restent partagées , Tassassin ne reçoit pas la peine de mort dans cet empire, au moins la société à d^ni-Tengée se dit avec certitude que le iu>upàbk ne rentrera pi«s dans son sein; ^ur ce point, il y a entière sécurité ; on ne dit pas cmnme ch^ nous :

Qui tious délivrera des forçats libérés ?

0tipduftànaàté^

Qui nous délivrera des forçats évadés?

Depuis trop long - tems nos journaux asseoibrissent leufs^ entonnes du récit de mciu^tres commis par àes forçats fibérés ou évadés: ces détails donnent les teintes les plus lugubres à la Gazette des Tribunaux. En la lisamt , la France entière pent se croire placée sous Tempire d'un interminable mékxbstme, dont tontes le^ scènes sont marquées par un formât. Il faudrait remonter bien baut ponr précisa l'instant oà la société alarmée fit entendre ses plaintes; eUes sont d'une nature assQz graive ponr être écoutées par los

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agens du pouVok, et l'on ne saurait trop s'élonner de Findifiérence qu'elles leur inspirent.

Cependant , celm qui paie avec exactitude 50il doutième peut croire , sans trop de prétention , qu'on s^ occupe de sa sûreté. Combien de fois, après la lecture d'un crime atroce commis par un fot^at lib^é , me silis-;e dit : «t On.se lassera enfin de l'insuffisance des lois , on va prendre un parti! » Je voyais défà le ministre de la marine s'élancer à la tribune et représenter )es f^^ nestes'Conséquences de ces libérations et de ces évasions , qui sont autant d'arrêts de mort pour une foule de braves gens; j'espérais que l'autorité trouverait une Sibérie, unBotanj-Bay, enfin une possession française assez lointaine pour purger la société terrorrfiée des brigands qui en son% le fléau. La session s'ouvrait, je braqu^ûs m^ lunettes sur les journaux; j'y voyais en effet que le ministre était monté à la tribune , mais seulement pour demander quatre à einqsiillions de plus que l'année précédente; et des forçats , pas un mot. Alors il &ut prononcer le Êimeux ; « J'attendrai, monseigneur; » unique consola-^ tion de tous les refus et négligences ministériels.

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En réâlitév, nos bagnes sont de vieux ëlablbsemens correctionnels qui ne corrigent personne, et dont le but (souvent rnanqué par les évasions ) , est de séquestrer un criminel pour un tems limité ou illimité/ Mais on peut comparer celui qui a lubi sa peine à un pestiféré sortant du lazaret avant sa guérison : il infecte toul ce qu'il touche , il répand. la mort et le deuil là où il porte ses- pas vagabonds.

Dans un bagne, le crime est en vacance; il se repose , il médite à froid de nouveaux forfaits, jdes coups plus assurés; c'est une école de corruption mutuelle dont le brigand le plus distingué devienl moniteur de la troupe. Les apprentis imberbes sont pleins de déférence pour lui et pour ses théories sanguinaires ; il- dit à Tun : « Tu manquas de courage, ne déshonore plus Péiai par une nouvelle lâcheté; » à l'autre : « Tu ne fus ni assez fin , ni assez pnident ; avec plus de réflexion dans ton plan , tu triomphais , et nous n'aurions pas Thonneur dé ta compagnie ; » k celui-ci : « C'est ta diable d'humanité qui t'a perdu; règle sûre , mes amis , il vaut cent fois mieux tuer son homme que de se laisser prendre ; les morts sont bonnes gens , ils ne dénon-

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