‹ L'hermite en RussieChapitre 57 sur 91 · P£IN£S CORPORELLES. 3 1 I · texte numérisé non relu

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cent personne ; >• et à ce dernier : « Toi tu seras un héros, tu égaleras nos illustres ancêtres Cartouche et Mandrin! (Ici tous les forçats Atent leurs bonnets.) Puisque tu dois >î/^r -avant nous, ne nous oublie point ; fais passer à tes amis la moitié de l'argent du premier drôle que tu expédieras dans l'autre monde , s'il y en a un ; ne t'inquiète pas, il nous arrivera tout droit, nous saurons bien empocher les oiseaux:^ malgré .tou$ les argus de cette banaque. »

. Ainsi , toutes les pensées d'un forçat se dirigent vers ses exploits futurs ; son plan de campagne est formé ; déjà il compte ses victimes. Le vieillard dont il convoitait Tor aura dix ou quinze ans de plus; tant mieux; sa vieillesse aplanit les difficultés. Un locataire du bagne est une bête féroce long-tems captive dans les. souterrains de l'amphithéâtre , d'où elle s'élaifce altérée de sang.

On voit de ces hommes , échappés à la gen^ darmerie, commettre un crime le jour même de leur libération. Dans les feuilles publiques , la plupart des cauies criminelles commencent par ces mots ; « Depuis long-tems , un forçat libéré irépandait l'efiroi dans ce pays ; déjà plusieurs

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personiifis avaient' été yktimes de sa fiéreciië , lorsque...... ».

Mais si quelques-uns de c^s boinmes , dfiBip->tés par rage bien plus que par le repentie, sont amenés devant les tribunaux pour simple iait de va|;abondage) quel est le pi u& ardent de leurs vœux ? c'est la prison. Repousses de lo»t le monde , privés de travail , ils implorent de la pitié des }nges la réclusion 9 >CDmnie on réclamerait un bienfait.

Ëspèce-t^mi ]:e]i4re ii la vertu, que dis^je? au xlégoût du crime, des ames^ endurcies par TefTet même d'un frottement contmnel qui &ritfie la corruption? On condamne uà demi -scélérat à cin^ ou dix ans de travaux forcés ; ee terme ex{nré , les galères nous rendent un scélérat tout entier : voilà un bénéfice tràs-dair. C'est Vainement qu'un pauvre aumâani^ sue sang et eau pour obtenir quelques raresxonvecsions ; hél^s! elles sont si Afficiles, même chez les hommes qui n ont jamais volé ni tué p^csonne ! Comment espérer ce prodige pamn^es monstres qui se jouent de tous les sentimens humains , qui n'accueillent tonle pensée vertueuse que par nn rire infernal?

Les Anglais se montrent plu^ sages que noni dans leur législation pénale'; ils pendent ou ils exilent. Un criminel est lahcé dans^ réiemité^ comme ils disent^ ou rejeté à quatre mille tieues da sol qu'il désolait : c'en est £sùl^ on ne le craint pius« Ckez novis, c-est une séparatioi teaifmraire d^BH membre gangrené ; chee eux, c'est une franche amputation : contre le crimes les demi-mesiures sont toujours funestes.

Cet ordre de choses réglé par le bon sens , chez nos voisins , jette un grand ridicule sur nos bagnes, qui ne font pas uq pas dans un siècle où tout avance si rapidement , que nous semUons prêts i dérober le feu céleste. Quel tableau que celni d'hommes àichatg^s , traînant le boulet, maudissant leur sort^ et jetant un regard menaçant et sinistre sur cette société qui les repoussa de son semJ

HivariA, très^injuste pour les Allemands, disait d'ienx : « Us sont toujours en arrière d'une ankiée , d^one armée et d'nne idée. » Sauf l'armée, Be pen^-on pas nous appliquer cette épi^ gramme pomr une 'multitude de routines qu^oli s'obstine à respecter? Quoi I nos possessions an delà des mers a'offreait-elles paa^de contrée

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a^sez vaste pour contenir quelques centaines de scélérats? Le grand point serait de Les isoler.

La terre de Fan-Diémen est, dit-on, le pays des métamorphoses ; 'pour quelques criminels , elle est aussi une terre i' Eldorado, Tel coupable qui rasa le cordon, devient un honnête homme sous un ciel nouveau. On en cite qui, à force de bonne conduite , s'élevèrent aux premiers emplois de la communauté ; d'autres roulent carrosse légalement , sans avoir fait tort à ceux qui vont à pied.

, Si oh veut obtenir ies prodiges de la Nouvelk- Hollande, il faut rompre ce faisceau de corruption^ il faut donner aux criminels un air plus pur, et leur infliger des expiations lointaines. Navigation longue et orageuse , changement total de ;climat , dislocation complète d'habitudes coupables et licencieuses , attrait de la propriété , bonheur d'échapper à la honte çt au mépris puiHi^t séjour des champs ,. aspect d'une belle nature , enfin , espoir d^artiver à l'aisance ou à la &rtune sans placer uaéchafaud dans son horizoipi , il ne faut rien moins^ que tout cela pour obtenir des cures miraculeuses. Cette rëyolulkm Mbite peut in*oduiic:^ \e même ^et qu'obtenaient jadis l^Sî amans par le fameux saut de Leu$ade.

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