LES RUBANS ET LES ORDRES
J'aime beaaconp à voir circuler dans ParU
Ces nombreux chevaliers, ëmaill^s comme Iris, Dct eo«l«ttrs les plus sédnisanlei.
• BUr it Auj.oiud*kmi.
PouR^dresser le fitivole anoiOr-propre des hommes , fti€atie couleur. ne fat oubliée:*, le million de ohe^liers 4osit s'bosore rEiurope est plaa émaïUé que nos prairies dans tes beaux jonra du mois de mai ; à aucune époque la société ne se trouva aussi submergée par le terrent des décorations, c'est que jamais elle ne fut plus tournuatéfEi ni plus bouleversée. Les récompenses deviennent mombrables comme les services; les sou^rains, rendus pauvres par celui .qui a'enriGhissaît à leurs dépens, payèrent le dér-
voaement avec une monnaiie peu coûteuse ; le portefeuille s'en ' attiiste' quelquefois ,' mais la boutonnière le console. ^ "* Ntrtle pâft l^nfhiénce'de ces di^incHons' ne fut aussi active ni aussi productive qu'en France: les autres pay& n'ftyaleaf,{>as é^.fi^appé^ çpame le nôtre d^ une suppression générale des ordres; pendant quinze ans cette, branche de l'orgueil s'était reposée: Bonaparte eut donc beau jeu pour exploiter à son profit une passion toute neuve et toute ardente. Il en tira parti avec d'autant plus d'habileté que- ses rubans allaient trouver des gens qui' jamais n'en avaient porté! Il chamarra àe larges poitrines républicaines ; et ces cœurs stoïqûes bondirent^ de jojp sens Telligie du maître^ Le souverain fit plus fbcore, il broda beaucoup d'habits sur toutes lés con^ ttireSf '4^ joignit i ces- matîfues d'honneur 40 bons ap|)bintemens pour les soutenir. Ce £isle succédant pour ainsi dire à la simplicité des cai^- Hiagndes ; è^n n'y tii^t plus, tontes les tét^s partirent, toutes hs âmes furent anidlie»; il r^ttt exptosim de dévouement, d'enth^siàsmid et de iervilité.) -^ 11 ÎAÛt pourtant qu'une bation possède une
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grande paissanc» de légèreté pour, se soulever
ainsi de TaMme profond oÀTavait, plongée' révolution tonte récente , , jnsqa^au plus haut ëcfaekni du goiirecnement le pkis absolu ; et pair quel levier? Point d'autres que des petifis mban» rduges, bleus, jonquille, etc. , etc. Cest uir spectacle peuMtre unique: dans^ l'histoire de» grandes" directions que peut donner un' chef. ha^ bile à TamouF-propre de tous les honfmes. ' L'antiquité lu^i^s apparaît dans une imposante nudité de ces prestiges qui exercent un si grand em{»/e sur l'imagination; je me demande ce qu auraient fait le» Athéniens, presque aussi raniteux ^ue nous , si Périclès eût appelé à set» secours la magie des rubans. Je les vms, se précipitant' sur ses pas, se disputer Thoanettr de poser le bandeau rqyd suc ca front gracieux ; peut-étcè «uratent^iis dressé de leurs propres niflius. un trône i la place de la tribiuie àus hacatagues. . .
Paurre Jfàitlnisi que -ne pouVais^tu dispoéier d'une maujifatture de baross et.de comtes!!- Tti. aucais certamement évité la désagréable miàute qui t'attendait sur la rocfaeTarpéieune.Etyous^ César! qui fûtes poignardé p^ des cito^^ens phia
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ambftkiix qiieTOus, pow^oèi ne créâte^-you» pMit ces flatteuses amorces, qui détendent tous* tes courages et assouplissent tontes les oppositions.. Vos féroces assassins tous laissaient yi~ yre : oui, tout nous démontre que Cassins et Bruttts, pouvait placer sur la tpge romane le grand cordon de la Légion;'-d^Honneur, se seraient prêtés de bonne grâce aux. idées ûnt soit peu monarchiques de Pexcellent César « qui ne fit de mal à parsonne^ et que je regretta encore, ceinme ^M^'® Chouard regrettait Ptndare. Mais les anciens , tont eq faisant de grandes chgses , ne s^élevèrent point à la création des ordres : on» ne s'avise jamais de tout. Je ne compte pas Panneau des chevaliers romains, décoration mo^ dèste, qui échappait anr regards comme les bagnes inaperçues de nos fidèles épouses ^ < ^ Les modernes, doués d'un génie -moins vaste, moinsujurofbnd , mais plus inventif , créèrent une source intarissable d'actions généreuses et d'hé- FCftsme : c'est fort heurenx, c'eçt surtout trèsécQilomique» Mais n^a-t-on pas trop varié le» couleurs et trop prodigué les brevets ? je crains qu'en dépassant la mesure on. manque aussi le but. Um'a été raconté qu^' un brave habitant do
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BftSton, ame simple et peint familiarisée afrec les décorations , se promenant aux Tuileries^le kitr demain de son arrivée à Paris , y rencontra deux ou trots cents chevaliers de Saint-Louis et d« kl Légion ; s^adressant à Tun de ses amis : .«Quaia sont, lui dit'ii, ce$ personnages dbtmgnés qM je vois dans ce igroqpe ? » Et il désignait tiHq à six hommes dont la bontonniàre était vierge de rubans. Naïvement il les. prenait pour des gens importans , tant ils étaient en minorité*.
Yoilà où mèoe Tabus des choses ; les ordres pullulent tellement en tous pays, hors TAngle-* terre ,> qu'à.4)réscnt on regard^ avec une soirte it surprise un homme de bourtoii et de bonne mjne qui n'a pas de cordon. De la surprise à la^ considération il n'y a qu'un pas, et peut-être nous arriverons au point où n'avoir pjis d'ordre sera un ordre. v , •
Un prince héréditaire , qui a autant de mér rite qu'il est aimable et spirituel, disait un jour en petit comité : « Si je règne jamais, à chaque action 4'éclat d'un de mes généraux , je lui enièveriii un ordre. » Ce mot est charmant ; c'est la satire la plus fine qu'on puisse^ faire de la sur-* abondance des distinctions*^
3d8 iss R00AKS' jst hm oftoftEs;
, La -prodigaliië dès décorations frappa sui^teit en- Russie ; longae est la série des ordres créés dans ce climat glacé. Â leur vue Ton serait tenté de l%garder les l^usses cemme un des peuples lés pjbs friTotes de l'Eutope mederne. Une telle mitipticité de distinctions ferait âustsi. croire qne ^faez ks enïaits du Nord la somme des bonnes ac^ tt&ns et des mérites de toute nature est plus eônsidérable cfu^ailleùrs. 11 y a pour le moins , j.e dois en coGftvéniv , une rivalité sensibie. Le$ Eusses marekent à grands pa» Ters tous les genres de perfèctionnemens. Mais depuis longteins leur réputation , comme gueniers ^' est so-- Hdement étabiîe : ce sont leurs e]Cpioits , à différentes époques, qui ontoocasloné ce luxe de décorations^ddnt I^b Fraisais pourraient se mon" tterjalour. ^ ^
Lé premier prdre est celui de Saint- André , il fat institué par Pierre I" , à l'instar de T Aigle- Blanc de Pologne , comme un témoignage de rajRÎiié constante de ce grand homme, pour le roi Auguste IL La décoration est une plaque et un grand cordon bleu ,' au boûl duquel est la croix de Saint -André. Les princes iet princesses de la famille impériale sont cbêyalîéFS né^ de
WS BtTBAIlCS £T LES tmimiS. iàQ.
cet ordre; il eat militaire et civil, et n'a pomf de seçcmde^classe.
Lé deuxième otdre est celai de Sainte Akxaa-** dre-Néwsky, institua aussi parHerr6-Ie*-€drand< Le cordiHi est roitge , avec quatre aigles aatour de la plaque ; il est égjalement militaire etci?il, et^'a point de seconde classe.
Le troisième est Tordre de Saint-Georges, purement miltlaire ; le grand cordon esA rouge , liseré noir et blanc ; ia ccoix est blane&e et représente saint Georges: à cheral, perçant un» dragon de son javelot. Cet ordre est la plus fiai-! teuse des distinctions russes , et la f^s difificîle à obtenir ; le souverain même ne,s'affi:ai»:fatt poini de la rigoureuse observance des statuts, qui sont sévères. Le grand cordon ne peut létre donné qu'au général qui gagw une bataille rangée, prend! une place; £arte, ou enfin caniriime; par une suite d'exploâs au rétablissement de la paix. On né compte dans ce moment que quatre généraux cbeyaliers dé première classe : Sonai*^ tesse royale monseigneur le' Daupbm , le rm de Suède,, le duc de WdKngttm et le général Bénigsen. Cet ordre se dirne en quatre classes;, pour devenir simple chevalier , il faut avoir en-
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levé iin caàon 6u un drapeau^ au$si la 'faveur ne peut rien dans la distribution des brevets , c^esl 'la gloire qui les donne. Les soldats le reçoivent comme les officiers , avec cette seule différence que leur croix est en argent, an lieu d'être ëmaillëe.
Aprfes la campagne de 1806, le chapitre des ordres offrit à Tempereur Alexandre le grand cordon de Saint-Georges ; M. le maréchal Soltykoff , le plus ancien chevalier dé la seconde classe, &t chargé de la présentation de cet hommage; le souverain le. refusa. Au retour de ses campagnes de i8i3, i8i4et i8i5, Alexandre renouvela cc^ modeste refus, et résista aux vives sollicitations du sénat et des grands del'em*pire : il poite la décoration de simple chevalier. , - C'est le 27 novembre ru^e que l^<m célèbre,, an palais d'Hiver , la: fête de cet ordre; il y a d'abord grande parade , ensuite grande cour, ce que les Russes appellent grande sortie, Uir aulel est: dressé dans, la salfe Blanche; le métropolitain entonne le Te Deum. Comme l'ordre de Saint' Georges est purement militaire, 41 est remarquable de voir le prêtre faire la cérémonie' de Faspersion avec une branche de laurier.
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Je me trouvai^ te soir de cette solennité j diBS ua salon qui s'égaya de la naïveté d'une proyin* ciale ; on lui demanda m elle connaissait les statuts de Tordre de Saint- Georges. « Non, répon^ dit-elle,; mai& je crois qu'elles sont de Canova* ^
Il y a quatre classes dans Tordre de Sainte^ Anne ; les chevaliers de la seconde jouissent d<ta honneurs de la plaque. L'empereur Paul domia à cet ordre le titre d'Impérial ; avant ce prince, U n'était que Ducal , prenant son origine duân*çhé de Holstein. Il fut naturalisé, en Rnsaet par Pierre III ; le ruban est rouge , liseré jaune. Les soldats qui , pendant vingt ans f se sont £»f tingués par une conduite inr^rochable t oY^ tiennent une médaille portant la croix de Sainte- Anne^ suspendue au ruban de Tordre, et reçoivent le titre de chevalier; de ce moment, ils ne sont plus passibles de peine» corporelle^. Les soldats chevaliers de Saint- Georges jouissent du même avantage.
L'ordre de Saint-YIadimir, institué par Timpératrict Catherine II , est militaire et dvil \ H se compose également de quatre classes , dont la seconde porte aussi la plaque. Chez les miUr taires , la quatrième cjasse se distingue par unç
3Sjà LES rxibâKs* EkT ïjê& ordres^
itissette ; le ruban est roug« foiic^ , liseré de ifeir. Cet ordre tombait en décadence sous le règne de Paul; Alexandre lui rendit son premier éclat en ajoutant aux statuts primitifs, quelques dispositions i^pplémentaires 9 qui établissent de nonyeaux droite au 4itre de cbevaliet; elles comprennent douze articles. L'ordre s'obtient par une action grande , généreuse , comme de sauvef ce)ui qui se noie, d'arracber quelqu'un du milieu d'un incendie, etc., etc. L^auteur d'un bon ouvrage classique , d'ime invention utile, d^nn ipémoira ^ur t' économie politique dont les rues indiquent une amélioration sociale , peut prétendre au brevet de el«Yalier *.
♦ Ici la faculté médicaie s'e'Iève quelquefois , de clas&e en classe , jusqu*à la plaque en diamans , quoique celte parure soît un cçntraste choquant avec la noble simplicité des fonctions dé médecin. ^
Dernièrement Je docteur L***** reçut les indignes d*un ordre de première classe. Ivre de joie , i! ne pouvait s*en séparer; et le voilà qui se rend avec la plaque et le grand cordon près du chevet d*un bon vieux mar— cha^nid'lrèâ-maiade. CdMi-ci , intimidé ^iw,t*Apecl d'un jeteur si brillant, ne répondît à aucune de seA.questlons. Nonobstant ce silence, le médecin demande une feuille de papier, et la couvre d'une longue ordonnafyce. |^orsqu*il fut parti , le malade dit .à sa femme :
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Alexandre créa une iécoT^tiea pour les militaires qm firent la caonpagne de j8ii. €ettè faveur s'est même étendue à tous ceux qui ont rendu quelque important service potu: la défient ' de ia patrie. C'est une médaille eh argent ^ avec uii raban bleu, et une médaille en iironie^ méttie ruban ^ poiu: les non nnlitaires. En ténnooignage de sa baute satisfaction du dévouer ment énergique que la noblesse fit éctater ion de cette mémorable époque , te souverain voib- Int ëtendre cette distinction à tous les diefe idè famille noble, et la rendit même héréditaire pour cbaque fils aine. H existe aussi une déco^ ration çout les militaires qui se sont trouvés i la bataille de Cuim.
(( MaxhèreAmie , il faut paiye]ç ce incmsteur, «1 1^ Ipriec de ne plus revenir. Jamais je ne .guérirai avec luh Maintenant qu'il est grand seigneur, je m'imagine qii'î! n*est plus me'dedn. Comment veux-tu que je lui parie de mes maux. et qne fe lui montre wa laitue» c'est impossihle. De grâce, si tu «H'^rea que >je vive, fais venir un docleur qui ne soit que chevalier. »
On parlait, un jour, devant M. de Narischkin du dësir qu'avait M. C*»*, homme plus que ne'glîge' dans sa tcsnue , d'obtenir un ordre. « Ah i sMcrie «le grand cham^llam , ({up ne pu)9-)e \w d^nn^/nM^Ar ^ ^w/ »