LE LUX£ KT LES TEOU6SEAUX
rcgarés scrutateurs de celle tpii se maoia Tan passé, et de sa sour qui reut se maxier Tan prochani. II faut que chacun dise en yeutcanft ckes soi : « C'est magiùfique^ admnraUel les clioses les plus nouvelles , les phisrecliefchëeal aUe&:domc voir ce trousseau. » Et p^uiaut quinze jours, ce trousseau devient rjnépuiiabte sujiel des conversations. QueUé victoire ! quel trioaaphe ! Mais ljâsH>ns à la porte cette philosophie iulem{Mes«jve , et entrons dans le temple!
Ah bon Djeul les six gcmdd'm^res.des jg/éaérations précédentes ne cohsnasmèrent point ,, dans l'e^ace de trois siëcks, les vétemens é^lés sur ces tables et accrochés à ces pacareiis. Tout ce qu'il y a de plus fanodéi, de pfais ^mî de dentelles, de plus beamien hatiste^ mousseline , toile de Frise et de HeUande y en riches bonnets de poittt , enUondes^ enétoSes de soie, vekmffs et saHn , en robes de cour et de. bal , en chapeaux garnis de fieurs ou.de .^umes , se trouve ici. L'industrie hmnoine.et la bourse pa^ tecnelle s'épinsèient à Tenvi pour assurer le triAmphe de la îeune épouse eifrépacer k martyre derépoux. Voyons up peu deiOec6té;iceooBt les scballs rangés d'après l'échelle fimuidaiile
Ii£ hVWaS,R'£ L£S THQl^SSEAUX. a S
des^ATk) deftâs la ttiMtei^le Tatea* de cinq mille FMbicà jiUKju'à ceUe de trente laille. Bon Bien ! qoeUeisommei etie ^ioiemt Ja fille d'un cainpagiM»d .Umoiisin ! Je voudrais bien qu'on pût m^expH^aer> conment une enwebppe indienne peuta'ëleversi'baut. Je tiens eescball, jéi« retourne, je l^eiamine dans t«rus les sens v la filature, le tissu, les palmes sont admirables f Jes coins très*^beai|iÇf les oiseux nuancés des plus briUantes ^GûohBTs , k: dcmble bordure large et de;ix)ii.goùt; je pttirarnirer à i'énalnation de dix mâh r&aibAds; mais les astres vinj^ mille éekappentta mKoi intelligence; impossible de les relDouTeâr.
€ètfe quantité de bougies fait briller de mille feux l'écim pose pcèsdesscbaUs, aigrettes, ëpis montés, diadteie, iieans ieimoks, rsotg de perles., boucles: d'ofoille , agraife de ceindre et d'épaulette^ bagues , sévigné^ talisman ,> enfin ,. aoHeetion oompiète de .bracelets. Ce» der** nieurs Ujoiix, qui doivent encbakex la promne ^ sont d'une telle tergeur, qu'ils pourront. gagner le Qoode ; c'est «ne sorte de brassard, i^lus d'un ficbjHj de Monde, sera mis en pièces par ces jolis faracdiets. .
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Toutes ces parures sont de bon aloi ; rien de faux ne les dépare ; il y a exclusion de chryso-r colle, de pierres fausses et de perles romaines ou anglaises. Xe saphir , ramëthyste , T^meraude^ l'opale , la turquoise et les briUans , peuvent soutenir hardinent toutes les épreuves : dans les choses de cette importance , on ne s^avise ja*màis de tricher.
Venez maintenant avec moi dans la chambre nuptiale ; son ameublement est enccnre à la charge des parens de la jeune promise ; c-est une règle invariable. Voyez cette grande table de toilette à glace tournante; elle est incrustée d^omemens en argent, et couverte de vases. de même métal. Regardez ce lit fastueux; il est si large qu'il pourrait contenir cinq ou six personnes. Le couvre-pied et les carreaux sonUde la plus belle dentelle doublée d'uh transparent en satin rose; s'il ne coûte que^quinze mille roubles, c'est un bon marché. Les rideaux sont en ^uinge^seize , pareils à la tenture ^e la chambre; cette tenture est montée à larges tuyaux; on n'a pas plaint
l'étoffe.* Voici la table à le nom m!échappe.
Quel déluge de <;ôjifichets ! quel amas de jolies inutilités ! C'est là que , chaque mois, on amon-
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cèle les nouveautés en cristaux , porcelaines , nacres, petits bronzes, etc. , etc. Il y a de ces précienx riens qm valent plus de quinze mille roubles. Les promises peuvent, sans blesser les bienséances , se parer des cadeaux du promis avant le mariage eb immédiatement après les fiançailles. Bien n'est plus rare que la rupture de ces premiers engagemens. La douceur des rapports de famille n^admet guère les mariages forcés.
Dans l'une des encoignures de Tappartement. on voit l'armoire des saintes images ; elles étincellent d'or et de pierreries. Une lampe éternelle brûle devant ce monument de la pïété.
Voilà tout ce que je puis dire sur les trousseaux russes; j'en ai admiré une demi-douzaine, et il me serait très-impossible de varier mes descriptions. Le nombre des objets est à peu près le même pour tous ; il n'y a de différence que dans la valeur intrinsèque. Celui dont je parle était estimé à deux cent cinquante mille roubles > sans compter les diamans et bijoux.
Fatigué d'admiration et mourant d'envie de dormir, je quittai ce tempTe de l'hymen. Tout en philosopliant sur les vanités de ce. monde, je
m'égarai dans d^immenses corridors mal éclairés. Je ne sais c^ que je devins , mais bieptét je reconnus, à la faible lueur d'une lampe ^ que j'étais entré dans une chapelle de famille. Quelle fut ma surprise en voyant sortir, d'un des coins de la nef un fantôme qui,. ^' un pas grave , s'achemina vers le grand escalier. Ftemis de mon premier ti'ouble , j'eus le courage de suivre cet habitant de Tautre monde. Mais au lieu de voir un revenant dans le costume de rigueur , je vis: une petite vieille femme , arichemeut vêtue 9 et s'appuys^t sur uue canne à pomme d'or. .Arrivée devant le grand appartement , elle puTrit brusquement la porte et s'avança au milieu de la famille. Le prince Fédor , qui n'est .pas timide , s'écria : « SchioJ drasû mairona It^anaçna/ et oui, parbleu ! c'est elle; c'est )a sœur de mon trisaïeul ; sa ressemUance avec le portrait de la chambre cramoisie est parfaite; oui, vous dis- je, c'est moire taMe qui vient admirer le trousseau de sosi arrière petitenièce. — Dites plutôt que je viens, lé regatdffx en. pitié , répcmdit matrona Içpauemfna. Faî^tesrmoi la grâce de m'apprèndare, mon ch«r neveu, si notre fami^^ est montée sur le trône ^de'5 czars
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deptis.què jeiniis décidée:) lAsAi^ qaè dis^je? nos^plus.'grandescsadne^ n'eurent jamais ^ en se maiîant,' la vingtième pa*tiô' de cet amoncellemenit de colifichets. Par ma foi , c'est uke vraie misère que dette soiriptlio^ti; cela me donne deiemMes craintes snr rarticte dn nécessaire et de rntMe. On ne peut pas suffira à tout. Quand ces pauVres niarcbands sertit 41s payés de leurs avances? îSavez- vous f «ra nièce, de quai se c4mposa moii trousseau ,. moi , i'uue des plus riche$ hératîèresS de tirente beaux chevaux , d'un lourd servke)en:^rgenl , de bon linge , dont cent paires deidfap en, fine toile de Hollande, et de trois betfesTobes bien fortes et solidement brodées en or «l argent. Vous voyez encore sur moî^elie queje -portai le 'jour de'fliè^ n^es; je Tai mise pendant ëinquanle années , et je p<»uiTais encore m'en faire honneur si j'habitais ce monde , ce dont Dieu me préserve , puisque tout y marche sens dessus dessous. NeVous voilà-t-il pas vêtu en jolie marionnette , monsieur mon neveu , avec cet uniforme écourté et cette taille de guêpe ? Qu'avez'vous fait de la belle barbe qui doimait un air si nable aux boyards de notre famille? Quoi! rougissez -vous donc du costume de vos
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andêtre^? Et vous ma nièce, mère d'une fitle de vingt ans , n'avez-vous pas honte de tous ces brimborions dont vous étés attiSiée? espérezvous , par hasard , qu'on se trompe sur les dates, et que votre visage reste toujours jei;neP Je ne connais plus rien à ce qui se passe y et vous me semblez tons plus éxtravagans les uns que les autres. J'ai mal fait de quitter, ma tranquille de* meure ; le souvenir de vos folies va m'y pour^ suivre. Adieu tous; j'ai noulu çoir^ et J'ai vu. » Alors le prince Fëdor essaya de la retenir, k De grâce , ma tante, s'ëcria~t-il, donnez-nous an moins cette soirée , pour la singularité du bit ; votre sagçsse^^.... » Mais la vieille matrona s'évapora , et je me réveillai dans mon lit, tout étonné de la vision qui avait troublé mon sommeil , et qui me rappela la scène de 11"^ iVrnelie. -^
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