‹ L'hermite en RussieChapitre 69 sur 91 · UN INCENDIE · texte numérisé non relu

UN INCENDIE

Lcars efforts ont ▼alncn U terrible ^UmcAl; 'Le public atleodri proclame leur Ticroir%, Pnis il «'écrie : « Honneur et gloire ' A IHiéroïque commandant ! »

Aneiennt imllade.

..... l/ne ame générenac Tronve dims sa venu de quoi se r«ndre heureuse , D*un tincèn devoir f«il |on ij'ttiqae bien, ,, "Et famais ne t'expose à se refirbcher rien.

Ts. CoanuLLS, Ai/cA/mV, «et. 211, se. i.

« HATEZ'YOtJs , me jlit mon spirituel cicérone ^ en entrant chez moi , tout essoufflé ; hâtez-vous, je puis «nfin vous faire voir le magnifique tableau d'un incendie par ***. Je vous nommerai Fauteur plus tard ; mais , dëpéchonsHnous , car on ne f oH pas ce fableau quaud on v«ftt ; saisissez l'occasion d'admirer un chef-d'œuvre. » Bëfà nous étions dans la me , où nous attendait une voiture. Le cocher, aussi ardent que son

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maitre , nous menait comme le vent. Étonné de cette célérité^ je dis à mon guide : « Le feu est donc à la maison qui renferme ce tableau , ou bien on va Temballer pour l'étranger ? » Point de réponse. •« Et quel est , repris-je , le nom du peintre célèbre dont nous courons admirer l'ouvrage , comme si le diable nous emportait?

~ Patience, je suis bien aise de vous prouver qu'en Russie nous pouvons égaler Raphaël et le Poussin dans la •représentation des terribles scènes de la niature et de la fureur des élémens. — Roa Dieu! vous êtes Furieusement préVenu aujourd'hui en faveur, des p£:intres russes ! »

hsi voiture s'ajprète ; nous descendons précipitamment , et Mw A me. place en face d'un

"tableau d'une dimension extraordinaire. Je reste imimobile d'effroi à l'aspect ée la terrible scène • qui se pa6se sous aos yeux. Le feu a pris dans les ccunMes d'un immense édifice ;. déjà les sapeurs-pompiers ont découvert les'toits pour fa** voriser l'essor de la flamme ; elle s'élance dans les airs en gerbes ondoyantes; le jeu des\)ompes n'a pomk encore le pouvoir de ralentir son ardeur; Ces pompes s'alimentent des eaux d'im canalbordaftt la maison incen^Uée. Le plus grand

UN IKGENDIiB. 7^

ordre- règne au sein dfe cette confiision. Une

fottle d« spectateurs , placés sur fes deux cives ,

contemple , en silence, les progrès du feu. Le

nombre , le dévouement , Faudlce héroïque des

sapeurs-pompiers , rendent super&us les secours

dft cette girterie immobile ; Tincendiè sera vaincu

sans «lie. Cependant on ejilèveies meubles par

Je», portes et fenêtres du re;&-de~€haussée , et

même par celles du premier étage. Au moyen

de c&E^es qui entrelacent cas meubles , 6n les

dépose doucement à terre; ils sont placés ait

centre d'un peloton militajji;e destinera leur

garde. Au milieu de cette» multitude d'hommes

courant d^un pas ferme^^sur -ks bords- des toits

en&amm'és , comme des soldats qui marchent à

Tattaque d'une redoute , on distingue , à leur

hapt panache blanc, une dizaine d'officiers dont

l'eicemple anime le zèle des travailleurs. Parmi

ces derniers, il est aisé de re^onnattre, èr sa belle "

taille , à sa bonne mine et à sa brillante témé-

lîté, Le général grand-maître die police : voilà

on homme tout-à-fait digne d'occuper \t devant

Aa tableau ; aussi son poste est-il au foyer de

l'incendie ; il l'occupe avec honneur ; mais son

ceil est partout. Il commande Faction , dirige

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tous les secours , et , de la voix et du geste, il électrise tous les courages. Â cbaquç instant, on craint que ce brave officier, n'ayant pour appui que des déblris cfaiancelans ,^s^abinie dai^n i gouffre de feu. Tout à coup , la frayeur publiq^ue sç dirige sur un pompier; il est «Éenacé de la chute d'une poutre embrasée ; il s'élance d'un second étage dans la rue« Mais le peintre n'a point oublié les soins prévojans du service des incendies. Mon cicérone me fait remarquer une j immense toile tendue devant la maison pour re- 1 cevoirii:eux qui s^nt forcés d'abandonner leur poste. " *

Voilà un premîi^ tatàeau ; voyons le second : sa vue me repose des terribles émoâons.'La flamme a disparu ; Teau et le courage ont triomr pfaé. Le haut de la maison ne présente plos ' qu'iine masse noire et informe. Les édifices voisins ont été respectés par le feu ; \t% étages inr férieurs de la maison incendiée n'ont pas même souffert de dommages. Déjà les pompiers sont descendus de ces hauteurs menaçantes ; aucun d'eux ne fut victime de son dévouement. Les Toitures se retirent en bon ordre. Les plumets blancs , à demi-brûlés , s'élèvent parmi la foule »

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