‹ L'hermite en RussieChapitre 78 sur 91 · L'AFFRANCHISSEMENT · texte numérisé non relu

L'AFFRANCHISSEMENT

Le lait de la liberté es| une liqueur eniTrante ; «*il ci t donné sans mesure , iTtoe le aou'Trîssdn.

flCpaysân russe éfaot. Taïkie de la: propriété, force est.au maitre de n'en point exiger plus .qull ne pjent faire. De sa modération) et^ de sa jitsliçe, dépend la prospérité. de sa terre, et l'exactitude dans la perception des revenus. Auisai, sauf quelques exceptions, les gens de campagne sont-ils traités paternellement. D'ailleurs^ ils possèdent un sentiment si exquis du juste et de 1 injuste, que, bien qiie façonnés à la dépendance, ils ne souffriraient point; qu'elle fût aggvaTée par de mauvais traitemens.. Ils se résignent à ua? correction s'ils croient la mériter ; mais ,. lor^u'elle est l'effet du caj^rice^ leur

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raison s^en indigne ; ils murmurent d'abord sourdement, et si les resseniîmens s'accumulent, Forage éclate , et là vengeance est terrible ; souvent elle ne s'éteint que dans le sang de rbomme cruel qui provoqua ce décbainement. On m'a cité' d^60ii*aj2|Qs eifeihi^les : Vmlà donc trois garanties pour le serf, Thumanité , Tintérêt et la crainte. Je' mets l'bumanité en première ligne, parce qu'il est juste de dire que la nolïlesse russe entend très -bien ce sentiment.

Les hommes mécontens de leur seigneur, mais qui nie sont point arrivés à ce degré d'caaspération qni enfante uâe haine hosifle , JBlit garde de repousser des excès par d'autres exeès ; ils craindraient de gâter la bonté de leur cause. La prévoyance du souverain ouvre dififérentes voies à leurs réclamations ; fis y recourent avec adresse et intelligence; le cri de l'oppression s'élève yusqu'ftu gouverneur génà^I de ]a province ; s'il n'est point écouté, il retentit jusqu'à l'empefenr lui-même. Souvent ime députâtion, 'Composée des anciens du village, s'échappe furtivement , parcourt d'immenses distanôes , et se fait jour jusqu'aux marches du trAne, où elle dépose ses respectueuses doléan-

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tesi Le prince ordonne une enquête rigonréitse, et si la plaiiite estlëgitioke, il punit roppess^W àvec-an^ redoutable sévérité. On a viides stà-gneutâ dégradés de leur rang niilitaire, et des femmes enfermées dans un couvent. J'ai été témoin de quelques actes éclatans de la justice souveraine. Lorsque Alexandre obtient la certitude que les paysans d'une terre sont gouvernés trop dnrement ,41 nomme ilne; commission cliargée ids percevoir les revenus ; le seigneur est frappé d'interdiction ; et , dès ce moment , il perd tous les droits dont il abusa. Les paysans ont-ils à se plaindre de Vouipraviiel^ le cas est moins grave, et le succès devient encore plus facile ; âls vdnt droit au seigtlenr dans la ville qu'il babife. Tout le monde s'accorde à . dire que ces braves gp.ns sont admirables dans l'expression de leurs doléances; ils savent allier au resp€t>t, et à une sorte de tendresse filiale, cette énergie mâle des bommes encore placés près de la nature ; il est inoui qu'ils se permettent la moindre altération des faits ; souvent le riverain du Volga, de rOcca et de la Mologa, se montre aussi parfaitement éloquent que le paysan du Danube ^ maïs il est moins sauvage «

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