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If faut citlUvcr dans le« fetine» fili«< (•«•les ^wrmts de Tesprît et de la rauon, mais ce doit être avec mesnre, car ce genre d*édoeation peut avoir ses abus ; et, qnand La Rochefoacault a dit que l'éducaiion ordinaÎTe des jeunes gens est un amonr-propre de plus qa*on leur donne, je crois qu'il a vovln parler des femines. D. M.
L'ÉDUCATION «st extrémemenl soignée en Russie , peut-être trop : il ne faut rien outrer ; le désir d'obtenir des prodiges peut nous écarter du but qu'on se propose.
Les ^petites filles apprennent d'abord le français, Tallemand , l'anglais et {'italien : ces quatre langues sont le fondement obligé de rédifice. Puis vient l'histoire , la géographie, la chronologie , Tarithmétique , les règles de la poésie , la musique vocale et instrumentale, le dessin, la
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peinture , la déclamation et la danse ; uïle leçon n'attend. pas l'autre ; sauf les Benrcs de repas.et quelques promenades durant Fétë, ce$ jeunes victimes de la perfection moderne travaillent depuis six hem*e$ du matin jusqu'au moment du coucher. Je me trouvai un soir chez M*® de C***; elle n'a qu'une fille ; je Tenten-dis solfier dans un salon voisin ; je m'ëtonnsd qu'elle prit une leçon si tard : « Que voulezy(»is?-me dit sa maman, la journée est remplie par des éludes moins frivoles. » Quelques insfans après, cette charmante enfant vint baiser la main de sa mère et prendre congé d'elle ; son ^ joli visage était pâle et avait un air de tristesse qui contrastait péniblement avec ses quinze ans: son martyre ne finira qu'à dix-sept ; c'est alors qu'on renvoie tou^ les maîtres.
Mais , me dira-t-on, ce système d'éducation doit fournir au moins, chaque année, une fonte de femmes remarquables par les talens. Tinstruction et l'amour des plaisirs de l'esprit ; cela devrait être , et cela est pourtant trës-rate. Comme on a^ t^^p exigé, il résulte de cette açç\ication sont A|g ^ ^ne lassitude qui déjèn^r^ «ft^ dégoût pout^ j ^ fettrcs , les açtSt et toute occ^
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pation sérieuse. Au milieu de tant d'études diverses , oa effleure tout sans rien approfondir : le jour où le repos succède à cet enseignement si compliqué , on oublie les leçons ; en s'émancipant des maîtres, on se délecte dans le plaisir de ne plus étudier; on tombe d'un excès dans Tautre ; on se venge d'avoir trop fait par la triste jouissance de ne plus rien faire ; enfin , malgré les efforts des parens et leurs dépenses excèssives, o|i comple les femmes distinguées par leur instruction et leurs talens; cependant, la plupart d'elles sont nées avec de Tesprit et beaucoup d'intelligence , il est donc pernùs de croire que le mode d'éducation généralement adopté nuit à leiirs -dispositions natarelles.
Après la partie poétique de l'éducation féminine, je dois parler de l'économie domestique, science tout-à-fait indispensable pour les femmes. L'Italie exceptée, je ne crois pas qu'il y ait une seule contrée, de l'Europe où l'art de gouverner sa maison soit plus parfaitement ignoré qu'ici; les mères de famille montrent à cet égard une insouciance très ^excusable, puisqu'elles ne peuvent apprendie it%urs fiUes ce qu'on ne leur apprit point à elles-mêmes*
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J^oserai le dire , cette lacune dans l'éducation contribue beaucoup à rendre les mariages plus difficiles. Presque tous les jeunes gens étant au service , ils y regardent à deux fois pour ajouter aux charges militaires les ennuis de la direction d'un ménage ; c'est quelque'chose d'insoutenable après les fatigues des manœuvres. En Allemagne j en Angleterre et en France , la plupart des femmes daignent régler la dépense, connaissent le prix de tout, commandent leur dîner, paient les gens , surveillent la lingerie , et distribuent l'ouvrage qui doit se faire. Ces occupations rentrent essentiellement dans les devoirs de leur sexe : que faire au logis d'une femme qui ne sait que dépenser, danser, jouer, monter en voiture , s'habiller et se déshabiller ?
Je dinais récemment chez une famille composée du père et de la mère , de cinq filles et de deux jeunes gens ; tout ce monde-là possède cent mille francs de rente. L'aînée des demoiselles se marie dans quinze jours ; nous parlions avec intérêt de son avenir» Une excessive franchise de caractère, que l'âge n'a pas modifiée , me fait faille quelquefois des balourdises dans le monde ; je m'avise, par exemple, d'adresser des
questions dont le résultat est de causer du malaise à la personne interrogée , c'est ce qui m'arriva avec M"** D*** : « Je suis bien sûre , lui •dis* je, que M^'*^ Sophie joint aux grâces qui la distinguent tout le savoir-faire d'une bonne maîtresse de maison? — Mais oui, je crois que ma fille fera très-bien les honneurs du s2^on. — Madame , ce n'est pas seulement cela «<}ue j^^ veux dire ; M''* Sophie sera-t-elle ce que nous appelons prosaïquement une bonne ménagère? — Ni bonne, ni mauvaise ; nous ne sommes point dans Tusage de nous occuper de ces détails, c'est TafTaire de l'intendant. — Quoi!
mademoiselle votre fille ignore? — Tout ,
jusqu'au prix des souliers qui sont à ses pieds^ je n'en sais pas beaucoup plus qu'eHe, et je n'en vpis guère la nécessité ; l'intendant paie , ensuite les comptes vont chez le général. » €'est trèi^agf éàble pour le général , dis-)e en m^oimême. Bains, ceit instant le promis venait faire sa cour ; il ayait une figure charmée, et moi je le plaignais du fond de Tame,
Sauf quelques chances particulières , les filles n'ont droit qu'au quatorzième de la fortune; cependant , celles dont je parle >(»iissent du
loxe de la m^son paternelle, elles en ont pris les habitudes; elles ne conçoivent senlement pas qu'on puisse vivre sans nn nombreux domestique , aller en voiture sans les qtatre chevaux , et se présenter à deux bals avec la même robe. Pour tout cela, Tépouseur n'a que vingt mille roubles de rente, les sept ou htut mille que lui portera M"' Sophie ne suffiront pas même à sa dépense personnelle. Le mari ne voudra point que sa femme se trouve moins bien chez lui qu'elle n'était chez sa mère; comment tout cela s'arrangera*t-il? voilà ce qui m'embarrasse. L'' ordre et une économie bien entendue sauveront-ils cette barque des or^iges? quand on n'a qu'un intoidant pour pilote , on court grand risque de chavirer* Je me livrais à ces pensées .tant soit peu sérieuses , au bruit sourd des propos, amoureux que s'adressaient les amans ; mais je ne dis plus rien, ne voulant pas me fourvoyer deux fois dans la même soirée. Les avis sont superflus sur une terre étrangère: comment triompher des traditions ie famille? C'est 1'/$sage!!! ce mot est une bamère d'airain qui protège la routine contre les invasions bienfaisantes ; d'ailleurs , chaque mère de famille se
croit un phénix en fait d^ëducation. Malheur à l'ami sincère qui voudrait combattre ces aveuglemens maternels! il ne gagner ail'qu'une chose, ce serait d'indisposer très - gratuitement les aveugles !
Ce dédain, presque universel pour un des premiers élémens du bonheur domestique . n'estil pas une des grandes folies de ce monde? Je, n'irai point chercher des autorités en. remontant aux filles d'Alcinoiis ou à Tintérieur du palais de Charlemagne , puisqu'un grand siècle s'est posé devant nous pour offrir des . modèles dans tous les genres. Jamais à aucune- époque les femmes ne furent plus honorées, ni plus séduisantes ni mieux aimées, que sous ce beau règne. Pourquoi? c'est qu'à l'élégance des manières, au cfaa^e du ton et de la politesse , elles savaient unir le strict accomplissement de leurs devoirs connue maîtresses de maison; elles ne trouvaient point quMI fût de bon goût de vivre en odalisques : les deux sexes avaient alors un juste sentiment de l'honneur et de la vraie gloiie. Voyez comme M*"^ de Sévigné gourmande sa fille an milieu de toutes ses tendresses: «Je vous en conjure , lui dit-elle , mettez- vous à la tête de
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YOtr% maison, réglée-y tout selon là justice et le boil'oirire, le repos de vofre vie y est attaclié; quand vou^ serez aMniëe , vous ne vous relèverez plus, il h-y a point de bonheut avec des affaires embrouiMes, jjoint de richesses avec le d45î?i*ire , €ic. * Et cenl fois dans ses lettrés elle revient sur eetle idée.,- elle raille la vanité et J* goûts dé dépolisse de M. son Rendre ^ elle s^'épouv&nte des suites aimères qli'ainènera^leur 4r%iîn de maison, et rdn voit clairement par sar correspondance, que le comte dé Crignan, yi- ^^anl "dans la sdmptuoi$i)é',' fût toïqours aux ex-^^ pédîens, et ne connut jamais ni f^isance, ni le rbpos. ' ' . *
M*^. de Sëvigné , si tendre , si passionnée dans son amour maternel, sacrifiait souvent Je plaisir d'aller voir ^a fille , au bfesoîn d'économiser' et d'arranger ses affaires. ËHe quittait ses ami^ (et quels amîsT)* pour aller s'enfouir, des annéeà entières, souslés cfrâfaigniers bretons. « Je^ vrais m'amusér à payer mes déliés , et à manger mes provisîonss disait- elle.' » Cette femme, la plus illustre et la plus gracieuse de son sexe , n'hésita jamais devant l'idée de remplir un devoir. * Ce genre xle courage était si rommurt», qu'on ne
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s'avisaft pajs iiièntede JeJou^H:. Les pliîs grandes dames allatent dans leurs terres , oè la «amasse de leur administration relevait lt»j>rèçhefi faites aux fortu»^ par le;^ervice militaire. Pendant qne les maris et les fils se battaieM ,«les femmes améliairaient les biens ; cfëaient de, belles ayennes, et prépàtaiéat'qMek[ua$:dQiicef surprises cliam[«étres pour le retoordi^ cKâtelain. SouTeat les plus graiids^seigaenvs se retiraient dam jeurs villages peuidant quelques âniiées , et la dot d^nne fille était le fiiiit de ce saeriftce. Une mère de famille ne disait pt>int : << H m'est impassible d'aller dans mes terres , paltcé' qae ce serait un meurtre d'éloigner mes en&ns de leurs maîtres. » Ce qii.'^ fauttraduire jSfinsi : « Je^dëteste la campagne-, et je ne puis vivre qulà Paris, » Car ne croyez pas que'la maternité n'ait point quelque* Sois son petit cbarl2Uanisme et son grain de perscmnalité. Regrettons le tems oà 'Une mère se croyait assez de savoir pour élever sa fiUe^ et pour en faire nne femme' aimable et essentielle; les cachets, motemels ne sont pas ruineux. Qu'avons-nous gagné aux ' éducations si brillantes dont les résultats sont presque toujours si mo-:^ destes?Puisque nous voulons tout perfectionner,
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ne serait-il pas tem^ de .fixer ks obligations respectives P Nous a^ons pour notre lot la guerre , ies charges pubiîqàes, le soin de faire venir Teau àxi monlin. Quelle sera la part de ces dames? A quoi Diêû les destina-t-il? Sont-elles iiniquenjient chargées du soin de nous distraire et de continuer notre ligaé^e? Dans nos moeurs ,* cette pensée serrât humiliante pour an sexe qui yaiit au moins le nôtre, et auquel nous devons ]Foi\t le charme de notre existence.
J^avoute que j^entends l'éducation des jeunes fille^t^'une manière un peu hrulale ; je n'ai point oublié mon Molière, ni sa philosophie bourgeoise. Je veux que nos femmes sachent, au. besoin, raccommoder un haut de chausse, et (aire des neprises à nos jabots; qu'elles n'ignorent point de quoi se compose le dîner ^ ni la valeur des bons morceaux qui paraissent snr la table ; je veux qu'elles soient mstruites de tout ce qui se pa$^e chez elles, et qu'elles sachent tenir le gouvernail d'une main ferme et habile. Ni la richesse, ni l'élévation du rang ne peut les affranchir de cette surveillance ; plus la fortune est considérable, plus il faut savoir en diriger l'emploi. Vingt argus gagés sont moins clair*
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' voyans qae TcbU de la maitresse : c'est mécoBnaître ses devoirs que de -se mettre à la merci des friponneries domestiques. Ne supprimons ni les bonnes lettres , ni les talens agréables , ce serait désenchanter la vie; mais sachons en user sobrement; plaçons toujours l'indispénsaUe en première ligne. Une j/eune personne, instruite de bonne heure par la tendresse éclairée de sa mère au commandement d'un ménage, n'éprouve , en se mariant , ni hésitation , ni embarras ; elle joue avec son petit empire ; elle s^ doubler les cevepus 4e la famille , par son esprit d'ordre et d'économie, puissance mirafculeuse, et seule conservatrice deis; fortunes. Tout cela se fait sans .empîéter*snr ses goûts, ni siii ses plaisirs.' La maison la plus considérable ^n'absorbe paé deux heures sur les vingt-quatre dont se éompose la journée; il en reste» donc vingt-deux pour l'élude , le monde et le sommeil. Cette part me semble assez large, éfle me ferait presque regretter de n'être qu'un homme. ^ ' ^
Ponr appuyer mes raisonnemens d'économie v^omestique, je dois citer une c|jose remarquable, et qui m'a beaucoup frappé. C'est en Italie
et en Russie qu'on trouve le plus de riches manquant d^aisance et de fortunes embrouillées; c'esl encore dans ces deux pays que les femmes négligent le plus les devoirs que Dieu leur impose, et dont un usage fort mal entendu laisse retamber tout le poids sur les mari^«
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