L'ARISTARQUE
QQrâd on Teui dans le aeiidi».ftv«rr qoflqoe faon^eur^ Il fant Ugërfinent gliner «nt bîtn des cBose«;
Aux eo»<n()ieti«iM il faut s*i»ccottSiiaNT»
On , loin èl tou^^coMUMTce » fttler le ronfermor,
La CiAUssix, MéJanidt^ ad. If ae ».
Le prÎBce Vladimir , que nous avons vu à Paris , chez M"** de B*** , n'est point ici ce qu'il parut alors ; iln'»qu'un visage , et il a deux caractères : l'un pour les pay^ étrangers , l'autre pour le sien ; mais sa patrie est défavorisée dans le partage. Eli France , le prince trouve tout bien ; il est gai , sémillant, empressé. A Pétersbourg, il devil^nt inquiet, morose, dénigrant^ enfin la Russie a le malheur de lui déplaire ; mais on dit qu'il déplaît k la Russie : ils n'ont d<Hie rien à se repjt^cher. Un jour , nous nous rencontrâmes dans une de
ces gtâfides assemblées .où Ton cherche ai]L causeur pour d#ober quelques instaiis à l'oisiveté du safon. « Eh bien! me dit le prince, en vo tre quâKté d*étranger , vous faites sembhht de voiis amuser; c'est le sublimé du sâVbir-vîvre. Qâ»it à moi , qui suis ^ur mon terrain', je laisse aller ma ^figure ; et cfttame )^ «l'eniiilie , éBè en couTient franchement. Mon cher pays me fatigue beaucoup, aussi jtrn'jr viens qtt^eïi visite. — Mais cependant^ mon prîftct^.A.... -^ Ouï, ce pays me déplaît, et je, le dis quelquefois^ parce que je le pensé toùjoiirs. Le moyen de lit pas périr d'ennui entre deux écueils également* redoutables : à droîtevi'implacable boston ; & gauche , rinéyîtable violon! A pfeînè rçste-t-îl une petite place aiix geiis <Jtiî ne veulent ht l'un ni l'autre. Quelle foule! Vous et moi, somihes les ilotes de rassemblée; cai? fl s'attache de la déconsidération à ceta.qur nre dansent ni ne fouent. Teneï, ne ?684-trîl pâs cette grosse Comtesse qui vient se jeter sur nous avec Son gigantesque valseur; t^eculons quelques pas, pour tfêtre point écrasés par ces deux éolossps totorblttoiinàiis. Èxajfi&inez , je vdus prie , ces danseurs , feurs pîeJs s'agitent , c*esf ihcentestâble ;
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mab remontes dfiS; ya^^ à Î^^Jigiire , et 4ite5moi si C05 trafls i^imob^es ^$onlr.Ie mokis du moa4e en barmonr;e avec (ç folâtre plaisilr de la danse-; nous devons croirç que ces. ssmteurs n^ tiennent qu'à sjs fatigjii^r Crayez-moi» cet amusement 6st de pure fionventijOn ; les- hiopunes dansent paf complai^amoip ^ .et les. femmes par ^mour-propre. Les ra^emens de la qivilisdtioa gâtèrent ce^Aaisix'. Nos^res Tentendaiei^ hiesi mieuk^ c'était jpeur eux. un exercice auquel r.eiijouement présidait^; il^ ne traitaient point la qbose sérieusement; un bonjpre épanouissait feurs visages. Mais depuis que les bals sont devenus des ballets, et que nous y avons admis Tos symétriques ^qntre-danses:; 4e]>uis qu'on, apprend artistement à ^' amuser^ moyennant «quinze on mgt roubles par cachet , la. danse est devenue pépiante /maniérée ; etnos.demcHselles quiJifsnt leurs chaises avec un plaisir mélë d'efFroi, tant elles cr%^nt de compromettre leurs, grâces, ^
» Si, de cette atmosphère embrasée, nous passons dans 1^ région plus tempérée des parties de jeu, nous. n'y trouverons pas 1§ plus/pçtit mat pour rire. Ptos édiles femmes assurent que^ du
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teins de Catherine , an reyersi était an préteicte Woiuiête pour quatce personni^s de se séparer de la foule , et de causer plus libren^ent. Le j^u wrvait d'acqessoire i la convenss^tion] souyen^ un agréable épisode £aiisak oublier les eartes , qn^on reprenait négligemment en attendant ffîienx. Allez chercber cela aujourd'hui. Vingf tables sont occupées dans cette longue galerie ^ faites-moi la grâce d'épier les joueuj^s ; je veux être pendiî s'il leur échappe un trait , une plai-^ santerie étrangère à l'intérêt du jpu. Le seul mobile de ces graves séances, c'est la triste satisfaction de. déplacer les bilhfs blancs du portefeuille^ de son voisin pour l^s. mettre dans le sien. Regardez , près de nous , cette longue princesse à figure jaune, elle est ftb^prbé^ par ta ^'s^ipn des carte^. Qu'un homme d'esprit s'avise de la détourner un moment de son jeu , il sera bien reçu; elle ne l'honorera seulement pas d'un regard, d'un mot, tant elle est possédée de l'ampur du gain, malgré sgn immense forune. Ainsi, le }eu n'est plus un amusement, c'est une spéculation , une affaire d'argent. Nos ancêtres jouaient quelques soroks *, et riaient * Pièces de quarante copecks, ou quarante cent imes.
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comme des fous , en les perdant ou en les gagnant; ils ne se retiraient jamais horriblement mécontens d^eux-mémes et des antres, comme nos gens d'anjourd'liai , lorsqn'ils laii^enf sur le tapis quatre on cinq mille roubles. . — Mais , mon prince^ la danse et le jeu se ressemblent dans tous les pays, et je pense...., — Ici rien n'est animé , rien n'est vivant , ajouta le prince (qui a la mauvaise babitude de n'ëcouter que lui) ; tout est frappé de langueur, de mort. Ja- Inais je ne vois jaillir une étincelle de ce feu sacré qui produit les grandes choses et colore les petites ; de quelque côté que ^e tourne le génie, il rencontre un obstacle , un découragement , et son flambeau se renverse. Point de critique littéraire, point de sifflets an tbéâtre, point de feuilleton redresseur des torts comiques. Notre littérature est la très-humble servante de la vôtre , de celle des Allemands et de^ Anglais ; elle copie servilement les productions exotique^, parce que c'est plus commode, et qn^on n'encourage point nos écrivains. Nos hommes d'esprit * sont malins , ricaneurs et dénigrans { à ce
* Si le prince m'eût laissa parler; je lui aurais dît que dans sa critique , empreinte d*une ridicule exagération ,
dernier toot , je iie pas m*empécher de sourire , mâisf mon intrépide monblogneurlt'éir fût pôiflt ébranlé). Le Ion dé ces meisieiïts effarouche nos feiùntès et coth^rime Teiii^ a^tiilîté. Les veilles d^oift npus abusons non^ fati^ent, elles éBSgneiit nos facultés morales Vûoà convërsafitos' ne commencent JEpik ' Plienre ah toute PËuropé s'endcftt, à riieàte cHl H nature ne vent |rlus qn^én ieause , sauf à (ire soporifique ëf Ipard. Le matin, noiis courons et nous né faisons aucune provision pour le l$oir; c'est le moyen d'^arrîver dans un cercle , vides de pensées, sans verve et sans chaleur. H y a quarëiite ans ,'tiotre cour était magnifique, brillante, eitjoûée , spirituelle, toujours en dehors ; maintenant elle est grave, triste, s^litafre, ou plutôt bë n'est plus tné cour, c'est une société intime, qu'on ne voit pas , tét qui règne à huis-clos. Nos fêtes sont désenchantées, jugëz-en par ceUe-ci ;
ce dernier trait e$t encore plus forcé que les autres, En Russie , comme partout , la médisance esf un des aliment de ht conversation , miais- elle est fugitive et ne Waebame point. Les Eoises bneest Ad#oitemt»t la fié** çhe du ridicule, c*est asses pour eux ; ils effleurent, et ne dissèquent pas : Tautopsie morale répugne à leur légèreté.
nos biensé^^nces obligées sont i|iie roue qiu m *' se repose jan^aU, boushoo^ ^ççabloo&^e^^^ites sans but et sans intérêt ; enh\ , chacun arrange mal sa vie, et, ce qu'il j a de dëplora;j|^le,* c'est qu'on \f^ sent, on.Je dît, et çn n'y c^^uo^e jien ; depuis mon retour je trouve un aia ennuyé aux gens qui' s'amusent, et un ^ir malheureux aux hommes les plus fortunés.-r— MfiSjj mon prince..* Il me vient unc^ idée , elle s^apj>lique à mon pays comme à tous les autres ; l' Europe, a éproavé beaucoup del tracasseries; 1^. guerre èésok les nations , et, coD^me de Juste , les hautes classes payèrent les frais de ce tapage civil oa militaire ; les .plaies sont encore saignantes;; nous avons tous des dettes à p'ayer^ des res^ei^Hmens à éteindre , des souvenirs à effacer. L'art de la société Vest détruit au milieu des tourme;ntes; nous ne savons plus nous plaire ; il ne nous t^sie encore quelque énergie que pour jouer et dans^er. i,a grâce, la gaité, lagalai^erie, les vives/émotions de l'ame ,^ sont toutes choses mises au néant: comment les faire revenir? Hien d»plus simple ; en fermant les salons pendant dix ans. Ce terme est court, mais il suffit pour refaire la fortune des hommes et Tamabilité des femmes. Pendant
L'ARISTARQUE. OfJ!]
* ce,périûde d'un repos général, plus de ces folles dëpën^es que notre^misèie ne pejit soutenir^ le$ maisons se recomposent , les dettes se paient, les çconomies s'accumulent ;'lesfemfi|e5 condamnées à Ja retraite, comme jadis les? dames gj:ecques et romaines , séparées des cartes, des visites et du/^r^nr/'/A,. soigneront leur esprit, ^et ptëpareront leurs filles à devenir des femmea charmantes^j les hommes profitercmt de leurs loisirs pour acquérir de solides vertus et les connaissances utiles qui forment le mérite ; mais aÇn (^ prévenir .les inconvéniens d^^une interruption totale dans les rapports sociaux , il leur sera permis de se voir quelquefois entre eux« et d^^e donner à diner chez les restaurateurs j comme font à Pékin les seigneurs chinois. Conv, ment trouvez-vous mon projet? Il est admirable, ' car il est fondé sut nos besoins , sur nc^ maK hçurs^et snr le profond ennui que nousjrenc^ntrons tes uns chez les- autres. Dix ans! cela passe vite, et de même que les hommes sortent meilleurs d'une retraite pieuse, ils seraient plus aimables, plus bienve;ilians à l'expiration de ce}te épreuve ; on jouirait du rajeunissement de nos- vieilles sociétés ; elles paraîtraient tout autres au grand jour de l'ouverture des salons.
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logez de rétonnement des' Russes en rîèvàyant |s dolente Thëodora devenue sémillante, la fière Yarinka sans morgue et ^ans airs ; Tîgnorant Fédor avec de rinstruction, et le froid Basile sans désobligeance ; enfin , le comte Nicolas payant ce quHl achèterait , le prince Grégoire jouant k cinquante kopeks la fiche , et sa femme mettant trois fois la même robe!... Quel tableau ravissant que cette foule de métamorphoses! Fraîcheur, santé, fortune, humeur, faculté de Tame et de Tesprit, tout gagnerait durant ces dix années ; ce serait un renouvelle- Anent de Tâge d*or. Ah! si cette vieille Europe goûtait mon projet, si on pouvait s'entendre.... F^ous àçêz beau dire ^ mon idée est parfaite , • et...»«f Icî, le prince prit son mouchoir, jMlais profiter du sursis pour le combattre, quand l'orchestre frappa l^accord d'une nouvelle contredanse ; il y eut un grand mouvement autour de abus , et mon causeur, qui déteste le dialogue et la contradiction , en profita pour se perdre dans des flots de monde '; il me parut tr&s-content de lui, et sans doute il fut satisfait de moi^ car j^avais écouté avec une grande patience sa bizarre philippique.
SUR LES CRIMES EN RUSSIE. 27g *