L1 HERMITAGE
Canova et devant son groupe de l’Amour et Psy* ché : « Messieurs, nous dit-il fort gaîment, et avec l’accent ultramontain , j’ai eu l’honneur de voir ces dames à Rome, je les ai revues a la Malmaison , et je les retrouve en Russie, où je les crois décidées à fixer leur séjour; je leur souhaite beaucoup de succès. Quant à moi , qui ne suis pas un Capo £ Opéra , je vais me presser de regagner mon pays , moins puissant , mais infiniment plus agréable que celui-ci ; pardon, Messieurs. » En disant ces mots, mon homme
disparut.
Dans une longue salle parallèle a un jardin toujours étonné de se trouver au second etage, je rencontre le tableau de M. Grand représentant l'Intérieur de son église des capucins a Rome ; il est seul dans cette vaste encemte ; ce, isolement est-il calculéî c'est un sur moyen d’absorber l’attention, et ce tableau la mente. Quel incroyable effet de lumière et de perspective 1 que de variété d'expression et de ressemblance dans les figures de ces moines ranges en deux files et chantant les louanges de D.eu . Non, je ne crois pas que la science du ptuceau puisse vous placer plus entièrement sous I em-
l’hermitage.
pire de l’illusion. Que d’ames pieuses seraient tentées de choisir un directeur parmi ces bons révérends! On entend leurs psalmodies ; le père officiant devant le lutrain, l’enfant de chœur portant le flambeau qui éclaire le temple, l’admirable pose des deux acolytes , tout est vivant sur cette toile. Ce n’est plus un tableau ; c’est une église , c’est un couvent isolé où le pauvre irait demander l’aumône et le voyageur l’hospitalité.