‹ L'hermite en Russie, ou observations sur les moeurs et les usages russes au commencement du XIXe siècleChapitre 35 sur 37 · PEINES CORPORELLES. 3 I I · texte numérisé non relu

PEINES CORPORELLES. 3 I I

cent personne ; « et à ce dernier : « Toi , tu seras un héros, tu égaleras nos illustres ancêtres Cartouche et Mandrin! (ici tous les forçats ôtent leurs boHnets. ) Puisque tu doi s filer avant nous, ne nous oublie point, fais passer à tes amis la moitié de l’argent du premier drôle que tu expédieras dans l’autre monde , s’il y en a un; ne t’inquiète pas , il nous arrivera tout droit , nous saurons bien empocher les oiseaux , malgie tous les argus de cette barraque.

Ainsi , toutes les pensées d’un forçat se dirigent vers ses exploits futurs; son plan de campagne est formé ; déjà il compte ses victimes. Le vieillard dont il convoitait Tor aura dix ou quinze ans de plus; tant mieux; sa vieillesse aplanit les difficultés. Un locataire du bagne est une bête féroce long-tems captive dans les souterrains de l’amphithéâtre , d’où elle s’élance altérée de sang.

On voit de ces hommes , échappés à la gen darmerie , commettre un crime le jour même de leur libération. Dans les feuilles publiques, la plupart des causes criminelles commencent par ces mots : « Depuis long-tems, un forçat libéré répandait l’effroi dans ce pays ; déjà plusieurs

Page 1