LE COMBAT
À sept heures du matin, le 26 octobre 1813, on remarquait un grand mouvement dans le camp du colonel de Salaberry, sur les bords de la rivière Chateauguay ; maïs ce mouvement n’excluait pas Je bon ordre, et nuiconque en était témoin, pouvait reconnaître qu’un esprit sûr et méthodique présidait aux préparatifs qui se faisaient de tous côtés, |
Le camp du colonel de Salaberry figurait un demi-ceintre, flanqué de grosses souches d’arbres empilées les unes sur les autres et d’une sorte de petit fort, en terre, qui s’élevait vis-à-vis de la ligne américaine.
Tandis que les trompettes sonntient le réveil, Charles de Salaberry, ayant mandé le pêcheur, se renseignait encore auprès de lui sur les forces de l'ennemi et leur plan stratégique.
La jeune fille, toujours déguisée, répondit à toutes ses questions avec une précision qui enchanta le colonel, à te! porut qu’il lui dit en terminant :
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—Et tu désires servir comme volontaire !
—Oui, monsieur! oh! je vous serais éternellement reconnaissant si vous daïgniez m’accorder cette faveur.
—C’est bien. J’yconsens. On te donnera des armes. Mais, si tu nous trahissais.…
—Vous trahir! trahir ma patrie! oh monsieur!
s’écria Marie avec une indignation qui aurait suffi pour détruire les soupçons les mieux fondés,
Le colonel la congédia et fitvenir ses principaux officiers: le lieutenant-colonel McDonnell, commandant un corps de réserves, les adjudants O’Sullivan et Hebden, les capitaines Fergusson, Chevalier, Juchereau, Duchesnay et M.Lamothe qui était à la tête des guerriers indiens. Quand ils furent tous réunis, de Salaberry les avertit de se tenir prêts à recevoir l'ennemi,
—M. McDonnell, dit-il, vous resterez à l’arrière et ne bougerez que lorsque je vous en donnerai l'ordre spécial. En attendunt disséminez vs hommes dans les broussailles, et qu’au fort du combat, vos trompettes sounent bruyamment de leur instrument pour faire croire à l'ennemi que nous sommes plus nombreux que ce n’est le cas.
Le lieutenant-colonel s’incliua en signe d’assen- C3
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tinent. Et Charles de Salaberry poursuivit en s'adressant aux autres officiers :
—Vous, M. Chevalier, vous vous porterez à la droite des retranchements : vous, M. Daly, vous vous établirez au-dessus du gué, avec la compagnie légère du 8e bataillon des milices incorporées, pour en défendre le passage si les Américains le tentaient. S'il est besoin, M. Bruyère vous soutiendra avec la compagnie de chasseurs de Chateauguay. M. Duchesnay disposera sa compagnie en potence sur la gauche jusqu’à la rivière, afin d'empêcher les feux de flancs dans le cas où l’ennemi paraîtrait sur le bord opposé du Chateauguay.
Comme il ackevaiït ces explications, une vive fusillade retentit. Aussitôt les officiers coururent chacun à leur poste at l’on ne tarda pas à apprendre ne le général Izard venait de se montrer avec un détachement de trois mille cinq cents hommes en-
viron, en haut de la grand’ route qui menait aux retranchements des Cauadiens.
Les Américains repoussèrent un piquet de vingtcinq hommes oui se replia sur un autre piquet, avec lequel il harceis ies ennemis, pendant que Charles
de Salaberry et ses trois cents braves s’apprôtaient résoläment au combat.
Vers dix bsures Gu matin, deux cents hommes
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| 16 eu en personne, arrivèrent en vue des forces anglo- | canadiennes. Hampton était précédé d'une colonné [En
d à la d'infanterie devant laquelle marchait un officier de | 4 |
hp haute stature. Celui-ci s’avança à une demi-por- k | 54 tée de pistolet des Voltigeurs et leur cria : | | { cr —Nobles et vaillants Canadiens, rendez-vous ! | TA Nous vous apportons l'indépendance, loin de vou- | fi | Cha- loir vous faire du mal. | il >agnie Mais à peine avait-il prononcé ces mots qu’une il \. “afin balle le renversait à terre. 1 s en. C'était Marie Bertholet, qui l’avait ajusté et iguay. frappé en pleine poitrine,
tend . La mort de cet officier fut le prélude de l'enga-
nidot gement, serdre De toutes parts les trompettes résonnèrent et les + EM Voltigeurs canadiens commencèrent un feu nourri
Si, contre leurs adversaires. Les Américains surpris dé ee de cette résistance à laquelle ils ne s’attendaient
pas répondirent d’abord mollement, Maïs, excités
» vingt- par leurs officiers, ils essayèrent de raffermir leur ds, courage, et, durant une heure environ, la fusillade
nil, fut opiniâtre des deux côtés.
étaient Cependant l'adresse des Canadiens faisait de
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de cavalerie, sous la conduite du général Hampton,
larges trouées dans les rangs ennemis. Hampton veut en finir par un coup de maître; il reforme
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