ZOROASTRE ~ BOUDDHA — CONFUCIUS — LES JUIFS
gie pour s'opposera une injustice, ni yolonté pour réaliser un progrès. Le système monacal, ayec le célibat et la mendicité, a joué son rôle dans le christianisme, sans l'absorber : tout le bouddhisme y a tenu.
Le Bouddha ne s'était pas donné pour Dieu, mais, en n*enseignant d'autre fin suprême que Tanéanlissement et en déclarant possible d'atteindre ainsi à la perfection, il avait poussé les hommes, avides d'un culte quelconque, à adorer tous les Bouddhas et d'abord luimême, le Bouddha type; c'était permettre à l'athéisme et à la superstition de s'abriter également dans sa doctrine indéfinie.
Khoung-Fou-Tseu (Confucius), qui, vers le même temps, établissait pour des siècles la morale de la Chine, donne au monde l'exemple d'un philosophe sans mise en scène, sans délire extatique, avec la raison pour unique secours, parvenant à fonder, non-seulement une école, mais une société. Le bouddhisme s'est fait en Chine de nombreux adhérents, mais les préceptes de Confucius sont restés la règle nationale ; les invasions tartares, en asservissant les hommes, ont cédé aux idées, et les vainqueurs se sont inclinés, avec les vaincus, devant la sagesse du philosophe. Sa vie n'a pas la beauté dramatique que donne une belle infortune ; les princes chinois, qui ne furent pas tous favorables à un enseignement en opposition avec leurs vices, eurent assez le respect du bien qu'ils ne suivaient pas pour s'abstenir de persécutions. Point de rehaussement extérieur. Sa grandeur est toute en lui-même, dans son effort à propager le bien ; et les Chinois ont bien exprimé le caractère de son existence
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qutind ils l'ont appelé le plus grand instituteur du genre humain qu'aient produit les siècles.
S'il n'a point l'effusion de cœur de Bouddha devant la souffrance des créatures, il lui est bien supérieur par les côtés pratiques de sa morale ; il a le mérite, grand aux yeux de l'esprit moderne, de placer avant toute chose, de prendre pour base la raison qu'il présente comme le don principal fait à l'homme par l'Être suprême, le Ciel auguste ; et de la raison il déduit la vertu. Avec un tel système, il semblerait que Confucius dût régénérer son pays ; il lui donna en effet beaucoup. Rapportant toutes les vertus aux vertus de famille, les pouvoirs politiques à une sorte de patriarcat, il contribua à inspirer l'amour du bien à plus d'un souverain, à créer de sages magistrats, à mettre l'union au foyer domestique ; mais, sous le principe de l'obéissance au père de famille, il étouffa trop l'initiative des fils; sous le principe de l'obéissance au monarque, déclaré père et mère de ses sujets, il étouffa trop la volonté du peuple. C'est qu'il était préoccupé de conserver plutôt que de créer. Né dans une époque de désordres qui succédait à des règnes heureux, il ne trouva rien de mieux pour la nation que les usages, les mœurs, les idées d'autrefois qu'il résuma et qu'il fixa par ses écrits ; il affermit et rendit plus solennel le culte déjà établi des ancêtres. Les respecter, c'était bien ; s'enchaîner à eux, c'était, pour assurer le progrès acquis, se fermer le progrès futur.
Confucius n'entendait pas que le souverain sacrifiât la nation à ses caprices. Dans un des livres anciens refondus par lui, le Chou-King, on trouve cette maxime