‹ L'héroïsmeChapitre 7 sur 17 · Z0R0A8TRE — BOUDDHA — CONFUCIUS — LES JUIFS · texte numérisé non relu

Z0R0A8TRE — BOUDDHA — CONFUCIUS — LES JUIFS

Que faisait le demi-milliard d'hommes de la vieille A^e, pendant que la Grèce, dans des cités moins grandes que le Havre, trouvait le beau sous toutes les formes? Vers l'époque de Selon, alors que la Grèce abondait en législateurs et en sages, l'Asie, elle aussi, avait tressailli au souffle d'idées nouvelles. On eût dit qu'une sorte de courant électrique parcourait l'univers, qu'une analogie entre les diverses sociétés faisait éprouver partout le besoin de se constituer pour l'avenir. Zoroastre en Perse, le Bouddha dans l'Inde, Confucius en Chine furent les hommes qui essayèrent de répondre à cette aspiration. Leur pureté d'intention, leur génie, leur force ne peuvent être mis en doute ; leur action sur des masses d'hommes leur a donné des apparences colossales; ils ont eu aussi l'avantage de la durée, car il subsiste d'eux, encore aujourd'hui, des formes religieuses et des institutionis, tandis qu'il ne reste des sages delà Grèce que des idées ; mais cette stabilité même est une critique ;

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ils ont introduit rhomme dans un cercle fermé, au lieu de le mettre sur un chemin et de lui montrer Thorizon, en lui disant : Marche I

Le jour où ils ont paru, ils ont réalisé un progrès immense ; mais, le lendemain, une immobilité à ce nouveau point a remplacé l'immobilité précédente. Est ce leur faute?

La Perse qui^ au moment où elle voulut envahir la Grèce, apparaît corrompue, énervée par le despotisme, semble avoir été le berceau, sinon de l'humanité, au moins de la race blanche ; c'est de là que partirent les migrations allant occuper Tlnde, l'Asie Mineure, la Grèce et, par le Caucase, les vagues pays du Nord. On a retrouvé des hymnes primitifs qui sont le germecommua (les religions persane, grecque et hindoue. Il est assez curieux que la petite nation, restée toute personnelle dans sa ceinture marine, et le peuple conquérant, entraînant à sa suite une multitude d'esclaves, se soient heurtés sans se douter qu'ils étaient frères. Quoi qu'il en soit, la Perse, avant de subir l'inlluence des peuples énervés qu^ellc conquit, dut d'abord être vaillante et inspirée pour se maintenir libre entre les grands empires assyriens et la race jaune à laquelle elle barrait l'Occident. Le souvenir est resté d'un forgeron guerrier, Gustasp, dont le grossier tablier de cuir fut l'étendard glorieux de la délivrance ^

De Zoroastre le prophète, tout est légendaire et merveilleux, mais sa doctrine, consignée dans le Zend- A vesta, est généreuse comme morale, élevée comme sym-

* Michclct.

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bolc. Elle a pour fond l'amour de Dieu figuré par le feu, la lumière, et la haine du mal figuré par la nuit. Aussi, dès son berceau, le prophète apparaît comme persécuté par les génies malfaisants, qui voient en lui leur vainqueur futur.

Quand Zoroastre parvint à l'adolescence, il était déjà célèbre par sa charité, ses conseils, ses jours et ses nuits passés en prières. Mais il crut nédessaire de com> plétcr l'inspiration par la science, et il partit pour aller consulter les sages delà Chaldée. A son retour, il s'isola du côté de la mer Caspienne, sur les montagnes, et se livra à la contemplation de la vérité. Transporté dans la gloire du ciel et admis à converser avec Ormuzd, l'être suprême, il apprit de celui qui a été et qui sera toujours les lois qui ouvrent à l'âme humaine le chemin de la perfection : avoir le cœur droit, être charitable envers le juste d'abord, envers tous les hommes ensuite, ne pas tourner ses yeux vers la richesse, étendre enfin sa bonté à tout ce qui est dans le monde, même en dehors du genre humain, « au feu, à l'eau, aux animaux. »

« Apprenez aux peuples, lui dit encore la voix d'en haut, que ma lumière est cachée sous tout ce qui brille, q^e Téclat du feu vient de celui de Dieu. » Et il lui mil le feu du ciel dans la main droite, le livre de la nouvelle doctrine, le Zend-Avesta (parole vivante) dans la main gauche. »

Zoroastre retourna dans son pays pour remplir la mission d'Ormuzd; mais, selon qu'il était dit au livre sacré, Ormuzd, éternel principe du bien, avait pourantagoniste, Ahrimane, étemel principe du mal. Contre le prophète,

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porteur de lumière, les mauvais génies s*acbamèrent plus que jamais; Zoroastre les mit en fuite en récitant des fragments du livre. A la cour du roi qu'il voulaitcon vaincre, il étonna la science des savants, la sagesse des philosophes, l'habileté des ministres, et confoudit la jalousie de tous par sa force de vérité. 11 fut pourtant jeté en prison. De nouveaux miracles donnèrent la foi au monarque, et, selon le livre des Rois du poëte Fîrdousi, l'épurateùr des âmes trouva un protecteur précisément dans Gustasp, patriote sorti du peuple ; la force honorable, née du travail, vint à l'aide de l'idée céleste. Après un triomphe aux proportions hyperboliques où il convertit plus de quatre-vingt mille brahmes venus de l'Inde pour discuter avec lui, la trace de Zoroastre se perd; on prend les armes pour et contre sa doctrine, et la prédication pacifique engendre la guerre, qui Téclipse. Le prophète lui-même meurt, massacré par une horde barbare, ou, selon une tradition plus curieuse qui le fait victime de l'objet même de son culte, foudroyé en attirant le feu du ciel vers la terre. Après lui, un grand progrès rehgicux demeure. Sans doute l'adoration du feu existait déjà ; Zoroastre éleva cette adoration jusqu'à l'idée d'un Dieu bon, dont le feu n'était que l'emblème, dont le type le plus pur du feu, le soleil, n'était que le reflet. Il s'attaqua aux ténèbres et au mal, il fit monter des temples une flamme vers le ciel, et donna ainsi à la Perse une beauté qui survécut à ses conquêtes.

Les rêveries et les traditions de l'Inde avaient placé à son aurore de nobles figures de héros, la poésie avait reproduit ces types dans des poèmes moralement bien supérieurs à l'Iliade. On pouvait espérer que, partant

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