ZOROASTRE — BOUDDHA — COXFUCIUS — LES JUIFS
d'une telle base, l'idéal s'élèverait de plus en plus, que âous la tutelle des princes yertueux et justes, les multitudes se vivifieraient. L'Inde s'est arrêtée. Quand l'empreinte théocratique est mise sur un peuple, il commence par avoir l'énergie sociale. La force de «la croyance se révèle par des monuments ; Tart, la morale, l'ordre arrivent rapidement à une apogée. Mais, si ce peuple ne .peut ensuite, par la vigueur même de son premier déve^ loppement, se débarrasser de ses langes, se retremper dans la liberté, il est perdu. L'Egypte n'a pas même essayé de se sauver, elle a accepté les formes une fois imposées, et, sous toutes les modifications apparentes, elle est l'estée semblable pour subir la servitude. Ce qui honore l'Inde, c'est d'avoir cherché à secouer le joug. L'organisation qui l'asservissait était savante : des castes immuables, les prêtres au premier rang, les guerriers au second, avec ce lien inscrit dans le code : « En s'unissant, la classe sacerdotale et la classe guerrière s'élèvent dans ce monde et dans l'autre. » L'Inde voulut fuir le poids qui l'étouffait, se soustraire à un régime désormais funeste. Le réformateur Bouddha proclama indirectement l'égalité des hommes, en préchant une doctrine religieuse où, par la vertu, par la prière, le dernier esclave pouvait arriver au sacerdoce le plus élevé, où, audace encore plus grande pour l'Orient contempteur de la femme, celle-ci avait les mêmes privilèges que l'homme.
Fils d'un roi du Népal, doué d'une beauté merveilleuse, entouré de splendeurs et de joies, il avait, dès l'enfance, donné les marques d'une âme méditative; plus d'une fois, son père avait dû l'envoyer cher-
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cher dans une forêt où, sous l'ombre d'un arbre, ii s'absorbait dans sa pensée jusqu'à oublier la fuite des heures. Mais il avait vingt-neuf ans, il était marié aune jeune épouse (|u41 adorait, quand, avec son splendide cortège, ayant rencontré successivement un pauvre, un malade et un mort, il fut amené à réfléchir assez profondément sur le néant des choses de ce monde pour vouloir s'acquérir d'autres mérites que la richesse et la puissance. Seul, sous des habits de mendiant, il se mit à parcourir l'Inde, enseignant les uns, recevant la science des autres. Après avoir cherché ainsi les éléments de la vérité, il essaya de s'améliorer par Tascétisme. Pendant six ans, il s'imposa les jeûnes, les macérations, combattant les passions qui, sous forme de démons, se ruaient plus furieuses sur lui dans la solitude. Puis il rejeta l'ascétisme comme il avait rejeté les voluptés, la souffrance comme il avait rejeté la joie, et chercha dans la contemplation pure le fond de la perfection. Ce ralentissement dans l'austérité ne fut pas du reste un retour à la vie vulgaire. Ayant besoin, pour rentrer dans le monde, de renouveler ses habits en lambeaux, il prit à un mort couché dans une fosse son linceul poussiéreux, le lava dans un étang et le façonna à sa taille.
Le Bouddha cherchait deux lumières : d'abord le moyen de s'élever lui-même à la région qui délivre de la mort et de la souffrance, à l'état suprême de sagesse, d'où lui vint son nom du Bouddha, l'Accompli ; puis, cet idéal trouvé, le moyen de délivrer de même tous les hommes des maux sans nombre de l'existence, en les entraînant dans la voie où eux aussi pourraient devenir des Bouddhas.