‹ L'héroïsme de la bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 12 sur 26 · De Virtutibus Infusis. Disp. il, art. x, § 2, Romae · texte numérisé non relu

De Virtutibus Infusis. Disp. il, art. x, § 2, Romae

On ne le fit point. La principale accusation du Procès fut toujours que Jeanne prétendait avoir eu des révélations et des apparitions venant de Dieu.

Mais l'affirmation d'avoir eu des révélations ne contredit aucune doctrine révélée et proposée par l'Eglise à la croyance de tous les fidèles.

Les révélations particulières n'entrent jamais dans le dépôt de la foi. Aussi l'affirmation d'avoir reçu de ces révélations ne constitue pas une hérésie.

Cependant ce que le tribunal de Rouen demandait à Jeanne, c'était de renier ses révélations. Or Jeanne ne considérait pas comme probable que ses révélations vinssent de Dieu. Elle en était certaine. Elle était absolument convaincue de leur vérité et de leur origine divine \ Donc, en conscience, elle ne pouvait pas les nier.

Une personne qui sait, pour avoir constaté les faits, que Paris est en France, et Londres en Angleterre, ne peut nier ces faits.

Il en est de même des faits de l'ordre surnaturel. Bernadette de Lourdes ne pouvait

1. « Non sufficit ergo probabilitas, sed requiritur evidentia divinae revelationis, ut quis (qui revelationem habet) ei fidem adhibere possit. » Benedictus XIV, de Serv. dei Beatif. lib. m, cap. 53, num. 13.

pas faire autrement que d'avouer la vérité de ses visions. Des milliers de personnes virent Bernadette au moment où elle voyait la Sainte Vierge; mais c'était elle qui était favorisée de la vision, les autres ne voyaient rien C'était Bernadette qui jouissait de cette \ision incomparable, et non les spectateurs.

L'Eglise fit une enquête et s'assura des motifs de crédibilité avant d'autoriser le culte au Sanctuaire de Lourdes; mais jamais elle n'imposa à Bernadette de désavouer ses visions.

Donc Jeanne n'était pas hérétique quand elle affirmait ses révélations.

Mais dans le cas où elle aurait dit ou fait quelque chose de contraire à la foi elle ne refusait pas de s'en rapporter à l'Eglise. Observons pourtant les précautions qu'elle prend. Le tribunal était composé exclusivement de gens dévoués au parti anglais. Jeanne avait, dès la première séance, demandé que ceux qui seraient de son parti et ceux qui seraient du parti opposé siégeassent au tribunal à nombre égal. Cette demande fut rejetée \ Il s'en suivait qu'elle ne pouvait pas compter sur l'impartialité du tribunal, et elle s'en rapportait à l'Eglise au cas où les clercs

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