‹ L'héroïsme de la bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 16 sur 26 · février et 24 mars. Procès I · texte numérisé non relu

février et 24 mars. Procès I

A condition d'être transférée dans les prisons de l'Eglise où elle serait surveillée par une femme, et serait dans la suite remise en liberté, elle fut requise de signer un document de sept ou huit lignes de grosse écriture, d'après lequel elle devait prendre l'habit de femme, ne pas porter les cheveux taillés en rond et de se soumettre à l'Eglise \

N'ayant pas confiance dans l'honnêteté de son juge, pendant longtemps elle refusa d'accepter la pièce qu'on lui présentait. Plus on la sollicitait, plus elle se méfiait. « Vous vous

1. « Je sais bien que cette cédule contenait huit lignes environ, et pas davantage. Je sais à n'en pas douter que ce n'est pas celle qui est mentionnée au procès. Différente de celle qui est au procès est celle que j'ai lue et que Jeanne a signée ». Déposition de Massieu, Procès, III, 156.

« Elle la fit à cette condition et non autrement, lisant ensuite une petite formule de six ou sept lignes, sur le revers d'une feuille de papier doublé; et j'étais si rapproché, moi qui dépose, que vraisemblablement j'aurais pu voir les lignes et la manière dont elles étaient tracées ». Dép. de Delachambre. Ibid. III, 52.

« Je fus présent à Saint-Ouen lors de la première prédication, mais je n'étais pas sur l'ambon avec les autres greffiers; j'étais cependant assez près, et à une place d'où je pouvais suivre ce qui se faisait et se disait. Je me rappelle bien que je vis Jeanne lorsque lecture de la formule d'abjuration lui fut donnée; elle lui fut lue par M. Jean Massieu; et était d'environ six lignes de grosse écriture. Jeanne la répétait après ledit Massieu. Cette formule d'abjuration en français commençait ainsi : Je, Jehanne, etc. » Dép. de Taquel, ibid. III, 197.

«c Pour ce qui est de l'abjuration mentionnée dans Parti-

donnez beaucoup de peine pour me séduire1. »

Enfin, elle fit une croix sur ce papier. Quelques instants plus tard, le secrétaire du roi lui prit la main et tâcha de la faire signer. Elle traça un rond 0 2.

Y avait-il une pièce ou deux ? Il est difficile de préciser.

En tout cas, d'après la déclaration de tous les témoins, elle ne signa pas son nom de Jehanne.

Signe, ou tu seras brûlée 3.

Elle ne signa pas.

Le juge la condamna à l'emprisonnement perpétuel. Dans les formules de sentences analogues de l'Inquisition se trouve une clause par laquelle les juges se réservaient le droit de mitiger la sentence ou même de l'annu-

cle il est vrai que Jeanne la fit; elle était écrite, et elle dura l'espace d'un Pater Noster, ou environ ». Dép. de Migiet, ibid. III, 132.

« Je vis une formule d'abjuration dont la lecture fut alors faite. Il me semble que la formule était courte, environ six ou sept lignes ». Dép. de Monnet, ibid. III, 65.

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