Dép. de Massieu. Ibid. II, 17; III
1er \ De là il résulte que la promesse faite à Jeanne d'être mise en liberté n'est pas en contradiction avec la sentence d'emprisonnement perpétuel.
Cinq jours plus tard, le 29 mai, l'évêque fit à une assemblée nombreuse des assesseurs la lecture d'une longue cédule 2, qui selon le juge aurait été signée par Jeanne et signée de sa propre main : Jehanne. Presque à l'unanimité des voix les assesseurs demandèrent que la cédule que l'évêque venait de lire fût lue de nouveau à Jeanne, et que nulle décision ne fût prise avant cette lecture. Les assesseurs supposaient par courtoisie que lecture de la cédule avait été déjà faite à Jeanne, mais évidemment ils se doutaient bien du contraire.
L'évêque n'osait pas en donner lecture, car il savait bien que Jeanne n'avait aucune connaissance de cette cédule, et que de toute son énergie elle dénoncerait le faux. Il se tut, et le lendemain Jeanne fut brûlée.
Dans l'histoire entière du Procès il n'y a
1. « Retinentes nobis quod possumus libenter dictam sententiam seu pœnitentiam mitigare, aggravare, commutare, tôlière totaliter vel in parte; si et quando et prout nobis et totiens quotiens videbitur faciendum ». Eyméric, Directorium Inquisitorum, Romae. 1585, p. 544. Eyméric obiit 1393.