mars 1430 (Archives du Marquis de
Maleissye).
L'auteur a eu le bonheur de voir de ses propres yeux la lettre de Lille, celle de Riom et, grâce à la bienveillance du comte G. de Maleissye, la dernière (28 mars) des trois lettres conservées dans les archives du Marquis de Maleissye.
Il est à remarquer que durant les campagnes, à partir du mois d'avril, 1429, jusqu'au mois de septembre, il eût été impossible à Jeanne d'apprendre à lire et à écrire. Mais à partir du milieu de septembre, le repos forcé lui aurait fourni le loisir nécessaire pour s'instruire; ainsi suivant cette hypothèse,
nous trouvons que les lettres du 17 juillet et du 6 août ne sont pas signées, mais que les lettres du 9 novembre, du 16 et du 28 mars, 1430, portent sa signature.
Remarquons que ce n'est pas l'existence isolée de ces trois lettres signées : Jehanne, qui prouve que Jeanne pouvait écrire. Il est démontré par ce qui s'est passé au Procès de Rouen, qu'elle savait alors lire et écrire. Ce fait constaté, on trouve qu'il existe des lettres qui portent la signature : Jehanne, — lettres reconnues par les savants comme authentiques. On voit que chacune de ces lettres porte une signature évidemment écrite par la même main, que la signature est Jehanne, et on apprend que ces lettres furent envoyées aux destinataires par Jeanne d'Arc.
Il est donc prouvé que Jeanne savait écrire; les lettres démontrent qu'en effet elle signait des missives de sa propre main. De là on peut déduire que Jeanne ne signa pas la cédule à Saint-Ouen, non parce qu'elle ne le pouvait pas mais parce qu'elle ne le voulait pas.
La croix + qu'elle mit à la cédule était-elle un signe de dénégation, une fin de non-recevoir? et le rond 0 qu'elle traça en second lieu exprimait-il la valeur qu'elle attachait à la cédule — la valeur de zéro ?
L'Héroïsuae 4
Ces lettres sont donc d'une haute importance, elles sont la confirmation de la preuve que Jeanne savait écrire; et de cette preuve
Voici les facsimilés des signatures :
9 novembre 1429
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16 mars 1430
28 mars 1430
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on conclut encore avec plus de force que le prétendu acte d'abjuration n'est qu'un misérable faux \ imposé au monde entier pour
1. Déjà, dès Tannée 1890 j'ai soutenu la thèse que Jeanne n'a pas fait d'abjuration, et je n'ai jamais pensé qu'elle eût
faire croire que Jeanne était mensongère, hérétique, schismatique et blasphématrice. Pendant des siècles la fourberie a réussi; mais enfin peu à peu les ténèbres se sont dissipées, et la sainteté de Jeanne a éclaté pure et brillante. Le tribunal de Rouen ne pouvait reprocher à Jeanne aucune erreur en matière de foi, ni en aucune manière critiquer sa conduite, qui était irréprochable. Il se bornait à contraindre Jeanne à nier ses visions et ses révélations. Il usait de paroles doucereuses, de sollicitations, de menaces et de promesses. Mais la foi de Jeanne resta inébranlable. Ses visions et ses révélations venaient de Dieu. Elle le savait d'une certitude absolue. Elle fit un appel réitéré au Père de tous les fidèles, le Père des grands, le Père des petits, le Père des évêques, le Père de tous sans exception, le Juge Suprême en matière de foi.
« Que tous mes dits soient envoyés à Rome devers notre Saint-Père le Pape, auquel, et à Dieu premier, je me rapporte \ »
signé la cédule de son nom. J'ai employé le mot signer dans le sens large, me servant du mot marque au lieu de signature. Voir La Pucelle d'Orléans, traduit de l'anglais par M. Ed. Pelletier, Orléans, 1892. Voir aussi Appendice B.