‹ L'héroïsme de la bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 21 sur 26 · mai, Procès I · texte numérisé non relu

mai, Procès I

On ne tint pas compte de cet appel. Le Pape à Rome était loin. Il faudrait attendre quelques semaines, quelques mois peut-être, une réponse, et Jeanne était à Rouen depuis la fin de décembre. On était presque à la fin de mai. Les autorités anglaises s'impatientaient. Elles se plaignaient du délai. Et déjà peut-être l'évêque s'inquiétait au sujet de sa récompense si le procès manquait son but.

Et Jeanne restait victorieuse. Elle était fière et sublime dans l'affirmation de ses révélations. Les juges furent battus le 23 mai, déconcertés le 24.

C'était Jeanne qui restait maîtresse du champ de bataille. Il fallait trouver quelque autre moyen pour la prendre, et pour tromper la postérité.

C'était avec raison que Jeanne avait apprécié la valeur de la cédule à zéro. Les promesses qu'on lui avait faites étaient violées, et dès ce moment la cédule était annulée. Jeanne n'avait été ni mise en liberté, ni transférée dans les prisons de l'Eglise, où elle aurait eu une femme pour geôlière. Le même jour, séance tenante, elle fut reconduite à sa cellule. Là, en dépit de toute loi tant civile qu'ecclésiastique \ elle fut gardée par des soldats

Page 1