Voir Garzend, l'Inquisition et l'hérésie, Paris
2. « Celui, en effet, qui n'admet pas une révélation particulière à lui faite, de la divinité de laquelle il est sûr et certain, celui-là est hérétique ». Dandini, de Suspectis de haeresi, etc., Romae, 1703, apud Garzend, op. cit., p. 147.
reçues de Dieu, elle devait être punie pour offense publique envers Dieu \
Donc Jeanne avait raison, tant selon la théologie que selon renseignement des canonistes de l'Inquisition, quand elle refusait de renier ses révélations et les préceptes que lui communiquaient ses Voix. En conscience elle ne pouvait pas renier ce que Dieu avait révélé et commandé. Elle était dans l'obligation de le soutenir et de l'affirmer devant ses contradicteurs.
« Je voudrais plutôt mourir que de révoquer ce que Dieu m'a fait faire 2. »
Et si elle avait pu un moment douter de son propre jugement, elle avait été rassurée par la décision de la Commission de Poitiers. Celle-ci, pendant plusieurs semaines, avait
1. <c Potest quis credere totum id quod fide catholica est credendum et nihilominus esse haereticum; qui enim revelationi speciali sibi factae, quam certo et firmiter putat esse divinam, non crédit est haereticus. » Dandinus, de Suspectis de haeresi etc. pp. 27-28. (1703) cit. apud Garzend, L'Inquisition et V Hérésie (1913), p. 147.
« Ex dictis colligi potest ... eum qui non crédit aliquem articulum sibi specialiter revelatum esse haereticum, et affici poenis haereticorum ; quia negat veritatem fidei cum pertinacia ». Bonacina, Opéra omnia, tome m, p. 6, Venetiisf 1710.