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pour l'épreuve prochaine, l'armée nationale. Le pays l'aimait pour ce grand courage, et la jeunesse, dans son fier sursaut, prenait, à cause de cela, confiance en lui.
Cependant, cet homme paraissait là, comme un accusé, devant les envoyés de la nation ! Quoi donc? et quel est ce vertige.^ Ah! regarde, écoute, toi qui portes au cœur de si hautes pensées, tu vas le savoir.
Le tribun qui fut, à l'aurore de ta vie, l'organisateur de cette guerre que tu hais, le dit en paroles ardentes. Est-ce qu'il parle de la patrie, est-ce qu'il parle de son armée, est-ce qu'il parle de tes espoirs et de ton amour .^ Mais non ! Demain, quand tu voudras retrouver ses paroles tumultueuses, tu ouvriras son journal famiher, et tu liras ceci : ce Voilà M. Millerand écarté pour longtemps de la présidence du conseil, et pour longtemps aussi son retour au ministère de la guerre, où il a introduit la réaction systématique, est impossible. Là est l'intérêt de la journée ».
Ainsi parle M. Jaurès. Il s'agit bien du colonel du Paty !! Ce qui importe, ce l'intérêt de la journée », c'est de frapper, pour satisfaire des haines de parti, un bon serviteur de la France, et, puisque, en l'arrachant de son poste d'iion-
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iieur, on n'a pu sauver de la déroule les vaincus de Versailles, de leur donner au moins, en allendani d'autres revanches, la consolation d'une rancune satisfaite. C'est enfin, c'est surtout, par ce premier guet-apens, d'amorcer la guerre de partisans qui va, derrière les ministres, chercher le vainqueur, imposé par la nation.
Voilà toute la séance de vendredi, et c'est par là qu'elle fut odieuse.
A l'heure oii, dans le Palais-Bourbon, les députés, durant trois heures, se ruaient à cette basse besogne, des événements s'achevaient qui, dans quelques jours, vont peut-être déchaîner cette guerre universelle, dont ici, depuis trois mois, j'annonce le redoutable péril.
Les négociations de Londres étaient rompues. L'armistice des Balkans était dénoncé. Ce soir, le canon va tonner, d'Andrinople à Tchataldja et de Scutari à Janina. L'Orient, tout entier, va trembler, comme au mois d'octobre, mais au milieu de quelles complications, plus obscures et plus menaçantes!
Si l'entente européenne n'est pas officielle-
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ment rompue, elle est frappée d'impuissance, par la faute de ceux qui, dans cette crise formidable, au lieu de faciliter la paix, l'ont, par des armements menaçants et par de secrètes résistances, rendue presque impossible.
L'Autriche est sur le pied de guerre. La Russie est en armes. L'Allemagne grossit ses effectifs, appelle le surplus de ses soldats, prépare des lois nouvelles, déjà, avant leur promulgation, virtuellement mises en vigueur. Hier, son ambassadeur à Constantinople, à peine sorti de son entrevue avec les chefs de la révolution turque, découvrait, dans un toast retentissant, comme un défi pour les autres puissances, les desseins de l'empire dans l'Asie-Mineure.
Aujourd'hui, c'est bien autre chose. Ce n'est plus en Asie, c'est en Europe que s'avance le danger. J'ai, dix fois déjà, montré le nuage qui s'amoncelait en Roumanie. Le voilà tout chargé de foudre, prêt à éclater, à la faveur de cette guerre des Balkans, renouvelée par la faute de ceux qui paralysèrent l'action pacifique de l'Europe.
C'est loin de nous, dit-on? Mais quel Français, de bon sens, ne voit l'affreux péril? La
Bulgarie, prise à revers par la Roumanie, n'est-ce pas la Russie obligée de la défendre, entraînée par l'opinion slave, peut-être liée par des accords secrets, et, la Russie contrainte à la guerre, n'est-ce pas l'Autriche jetant enfin sur la Serbie son armée, depuis si longtemps prête à l'assaut? Et, alors, combien de fois faudra-l-il répéter a ce malheureux pays, livré aux misérables disputes dont, vendredi, la Chambre a vu le hideux étalage, combien de fois fauch^a-t-il lui répéter que la guerre austro-russe, c'est l'Europe en feu, l'Allemagne debout et la France forcée de choisir entre la honte et le combat?
Je n'exagère pas. Tout le monde le sait. Il n'y a en France qu'un endroit otj on l'ignore, où on ne veut pas le savoir, et c'est la salle, fermée à l'air du dehors, où s'assemblent les députés de la nation! Là, on ne connaît que les rivalités de parti, on ne se passionne que pour les querelles de personnes. Là, on traite en accusés les ministres patriotes, on les dénonce comme des conspirateurs, parce qu'ils refont une armée à la France. Là, on s^applique à réveiller, à raviver les passions éteintes, pour s'en faire des armes politiques. Là, durant tout un jour, on réduit le ministre de la guerre au plus vain des interrogatoires, quand il n'aurait pas trop de toutes
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ses heures, de tous les battements de ses veines, pour suffire a sa tache redoutable.
La jeunesse française, dont j^ai vu, près de moi, l'image, surprise et irritée, à ce scandaleux spectacle, frémit jusqu'aux moelles. Entre ces hommes et elle, l'abîme se creuse, et, sur les murs de cette salle où s'agite le conflit de leurs ambitions, elle est prête à écrire, elle, l'annonciatrice de l'avenir, la sentence fatale qui, dans le tumulte du festin, prononça la condamnation de Balthasar, roi de Ghaldée.