‹ L'heure décisiveChapitre 37 sur 62 · LA MENACE ALLEMANDE 1G · texte numérisé non relu

LA MENACE ALLEMANDE 1G

qui savent. M. Benazel a écrit en toutes lettres dans son rapport sur la loi des cadres : a Le service de deux ans a été funeste à la cavalerie». Alors, qu'est-ce qu'on attend?

A la Chambre^ tous les orateurs ont demandé la réforme, depuis le commandant Driant jusqu'à M. Reinach. Dans la presse, tous les écrivains militaires en ont montré la nécessité, depuis le général Maitrot, jusqu'au commandant de Tliomasson. On avait compté sur les engagements et les réengagements ; on a été déçu. Ils sont tombés, de 7.328 à 4.666 pour les engagements, de 4.384 à 3.791 pour les réengagements. L'illusion n'est plus possible. On n'aura des cavaliers qu'avec les trois ans. Les escadrons ont iSg chevaux sur le papier, en réalité 100 à peine, dans le rang. Tous les ministres qui ont visité les garnisons de cavalerie en sont revenus épouvantés. Encore un coup, qu'est-ce qu'on attend?

Si c'est la peur des électeurs qui arrête les ministres et les députés devant cette mesure de salut public, j ose dire que cette peur est indigne, à la fois, du Gouvernement et du pays. Le ministre qui montera courageusement à la

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Iribiinc et qui, Ki, parlant à Ja nation plus encore qu'à la Chambre, demandera nettement à lo.ooo de ses fds — car c'est de cela qu'il s'agit! — le sacrifice d'une année supplémentaire de service, compensée par des primes de libération, ce ministre-là sera compris et suivi par la France toute entière.

Seulement, pour cela, il faut que le Gouvernement, conscient de sa lourde responsabilité, au lieu d'endormir le pays par de vaines espérances de paix, lui parle le langage de la clairvoyance patriotique, qu'il lui montre nettement le péril et qu'il fasse résolument appel à toute son énergie. Ainsi la loi de trois ans pour la cavalerie n'est pas seulement une nécessité technique, c'est une pierre de touche. L'occasion s'offre au Gouvernement de prendre position en face de la nation. Qu'il la saisisse!

M. Raymond Poincaré va dans six jours recevoir la garde de l'État. Sa première parole, dans le salon de Versailles oii les membres du Congrès vinrent le saluer, fut pour annoncer sa résolution de veiller, avant tout, à la défense nationale. L'heure d'agir est venue.

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