POURQUOI S'IMPOSE LE SERVICE DE TROIS A^S
a Une France diminuée, une France exposée, par sa faute, à des défis et à des humiliations, ne serait plus la France. )) Le message de M. le président de la République est tout entier dans cette phrase décisive. Si une partie de la Chambre, enfermée dans ses rancunes obscures, s'est, hier, refusée à l'applaudir, le pays tout entier l'accueille aujourd'hui avec une fière et virile reconnaissance. C'est à lui que M. Raymond Poincaré a parlé et c'est lui qui lui répondra, prêt, suivant l'appel que le message lui adresse, à ne reculer ce devant aucun effort, devant aucun sacri-
22 février 1918.
IQO L'HEURE DECISIVE
fice pour consolider et fortifier noire armée et notre marine. »
Car la question se pose ainsi et le gouvernement ne peut, k l'heure gra^e où nous sommes, s'élever à la hauteur de sa responsabilité, que si, dédaigneux des hésitations parlementaires , il regarde vers la nation, résolu à lui dire toute la vérité, confiant en elle pour en accepter courageusement les impérieuses conséquences. Le malheur a creusé dans notre histoire un sillon assez profond, pour que, dans l'état présent de l'Europe, ceux qui portent le fardeau du pouvoir, en méditent les terribles leçons. Durant les années fatales qui séparèrent Sadowa de Reichshoffen et de Forbach, un débat s'agita, semblable à celui dont les armements de rAllemagne font éclater à tous les yeux la redoutable gravité. Rien n'est plus poignant quand on le relit aujourd'hui, que le récit des lamentables discussions, où se brisa la volonté de Napoléon III, lorsqu'il tenta, avec une clairvoyance trop méconnue, de faire adopter la loi militaire, préparée par le maréchal \iel. ce Nous sommes obligés de la voter, disait un député de la majorité, parce que l'empereur la veut, mais nous l'arrangerons de telle façon qu'elle ne pourra pas servir. »