LA RÉSOLUTION DU GOUVERNEMENT ET LE SENTIMENT NATIONAL
J'ai parlé de la douleur des discordes rallumées, à riieure où l'union est le premier des devoirs. Aujourd'hui, je veux être tout entier à l'émotion patriotique. Je dis à l'émotion, non à la joie. La résolution que, pour son grand honneur, vient de prendre le gouvernement tout entier, ne peut éveiller dans les âmes que de sérieuses méditations et de viriles pensées.
Ce n'est pas l'emportement d'une ardeur irréfléchie qui, depuis deux mois, entraine toutes les forces vives de la nation vers le service de trois ans. C'est le sentiment profond de la néces-
2l8 L'IIELHE DÉCISIVE
site nationale. Que ce sentiment soit confirmé par tous les chefs de guerre, conscients de leur responsabilité^ qu'il se soit imposé à tous les ministres, exactement informés des périls de l'heure, Aoilà le fait qui domine tout, qui, demain, triomphera de toutes les résistances.
Les imprécations quotidiennes de M. Jaurès n'y font rien. Qui, dans ce pays, croira jamais qu'une décision si grave ait pu rallier des hommes, placés a des points de vue si divers^ sous la pression d'une opinion factice, et dune agitation intéressée ?
Il faut que M. Jaurès en prenne son parti. Je n'ai pour répondre à son « boulangisme de provocation et d'impudence » qu'à nommer ceux que rapproche, tout à coup, malgré les abîmes creusés entre eux par les dissentiments religieux ou politiques, le commun besoin de la défense nationale : M. Clemenceau, dont tout le monde a lu les paroles retentissantes ; M. Charles Dumont, venu, dans le département que je représente, entouré de mes adversaires les plus notoires, assurer que son parti, qui « a fait le service de deux ans », est prêt à faire, aujourd'hui, ce tout ce que la sécurité de la patrie nécessitera » ; M. A allé, ancien garde des sceaux de M. Combes, proclamant, à Epernay, un