APPEL A LA FRANGE
En Octobre 1013 :
L'armée active de l'Allemagne sera de 900.000 hommes.
Celle de la France est aujourd'hui de 4 ^0.000 hommes.
En présence de cette situation, le 4 mars igiS, le Conseil supérieur de la guerre réuni sous la présidence de M Raymond PoiNCARÉ, Président de la République, a déclaré, à l'unanimité, qu'il y avait nécessité absolue d'augmenter les effectifs militaires, et après avoir examiné tous les moyens d'y parvenir, a reconnu, encore à l'unanimité, qu'un seul était sérieux : Le service de trois ans, égal pour tous, et sans aucune dispense.
Voilà l'opinion des chefs militaires, actuellement responsables de la Défense nationale.
Voici celle des généraux qui ont exercé les plus hauts commandements :
Le général Hagron, ancien généralissime :
« Le mal du service de deux ans est tellement évident quil ne pourra être nié fjar aucun de ceux qui ont la moindre connaissance des cJioses militaires. »
Lo yéncral Tueme.vl, ancien généralissime :
« Je partage entièrement, sur la loi de trois ans, l'avis de mon camarade et ami, le général Maîtrot (auteur d'un livre pour le rétahlissement du service de trois ans), »
Le général Miciial, ancien membre du Conseil supérieur de la guerre :
« Les accroissements considérables des forces militaires de nos voisins de l'Est mettent en péril l'indépendance de notre pays, si l'équilibre n'est pas rétabli. Il faut donc revenir au service de trois ans. »
Le général ^Lvthis, ancien membre du Conseil supérieur de la guerre :
« Mon opinion est très nette, en présence de la situation qui nous est faite; retour immédiat au service de trois ans, et dispositions transitoires nécessaires pour que, dès le 1^^ octobre prochain nous ayons trois classes complètes sous les drapeaux. »
Le général Duchesne, ancien membre du Conseil supérieur de la guerre :
« En présence de l'augmentation de l'armée allemande, notre Parlement a le devoir impérieux de voter sans délai le retour au service de trois ans. C'est une question de vie ou de mort pour notre pays. »
Le Gouvernement, en conséquence, a proposé au Parlement une loi rétablissant le service de trois ans, que M. Briand, Président du Conseil, M. Barthou, son successeur, M. Etienne, ministre de la Guerre, ont déclaré indispensable à la sécurité de la Patrie, et dont la Commission de l'Armée de la Chambre a déjà voté le principe
Cependant, les antimilitaristes ont entrepris contre elle une campagne d'agitation. Déjà, par leur faute, un temps précieux a été gaspillé en discussions stériles. Il n'y a plus un moment à perdre. C'est la Vie de la France qui est en jeu.
Tous LES Patriotes ont le devoir de se lever et de manifester hautement leur résolution, afin de l'imposer aux Représentants de la Nation.
Cet appel fut entendu ; de tous côtés les demandes affluèrent et VAppel à la France se répandit sur toute la surface du pays.