LA POLITIQUE AUTRICHIENNE
autres Français, de saluer avec une patriotique satisfaction.
C'est Tavènement dans l'Europe orientale d'une confédération slave, forte de sa cohésion plus encore que de sa victoire. Car le soin avec lequel, avant d'entrer en campagne, elle a, par des conventions aujourd'hui publiques, prévu l'avenir, arrêté non seulement les conditions de la guerre, mais celles de la paix, non seulement les accords militaires, mais les arrangements territoriaux, me paraît, de cette force, le témoignage le plus éclatant et le plus instructif.
L'entrée dans l'histoire de cette force nouvelle est, pour l'Europe, un événement capital; pour nous, pour nos alliés, pour nos amis, c'est une fortune inespérée. Sans doute les éléments en étaient, hier, disjoints par de mutuelles hostilités, mais pas plus que ne l'étaient, en 1866, ceux dont le ciment prussien fit, quatre ans plus tard, à nos dépens, l'unité allemande. Le ciment bulgare sera-t-il moins solide ? Il est permis à des Français de méditer sur l'extraordinaire conjoncture qui, soudain, jette leurs vainqueurs dans l'embarras le plus grand qu'ils aient jamais connu. Je ne tirerai point de cette méditation des conclusions qui, sans doute, dépasseraient les conceptions actuelles et peut-être les possibilités
de noire polilique. A chaque heure suflîl sa peine.
Du moins, que rien, de notre pari, ne donne aux confédérés un doute sur notre attitude ! Cette puissance balkanique, dont la victoire accompagne les premiers pas d'une si belle fanfare, elle est fille de nos œuvres , et les armes qu'elle porle avec tant d'audace, et les maximes de guerre qu'elle applique si savamment, l'unissent, non moins que le sang chrétien qui l'anime, à notre vieille nation. Notre devoir est de revendiquer hautement cette fraternité.
J'ai, dans mon dernier article, indiqué le danger dont les suggeslions allemandes menaçaient la Triple-Entente. Dans l'empressement qu'on montrait à Berlin à encourager notre initiative, j'ai cru découvrir une entreprise nouvelle dirigée contre le faisceau de nos alliances et de nos amitiés. Les positions sont aujourd'hui plus nettes, et je m'en réjouis.
Mais un autre péril apparaît aussitôt, qu'il faut immédiatement dénoncer : c'est la désunion de la confédération, provoquée à la fois par la menace et par les bons avis. L'Autriche se
haroe de la menace. Peut-être ne serait-on
pas