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LA POLITIQUE A U T RI C II 1 E N M

fâché, à Berlin, si nous nous chargions des bons avis.

Je demande que nous prenions garde à ce picge nouveau de la politique allemande. Il se cache sous le conflit d'Albanie. Quand celui-ci a éclaté, il y a eu quelque suprise.

A force de vivre dans la question d'Orient, comme les savants dans le bouillon de culture, les diplomates finissent par ne plus penser au danger des microbes. Un beau jour, cependant, il fait explosion. Nous y sommes.

Que M. de Ugron ait ou non porté à Belgrade un ultimatum en bonne forme, il est désormais certain que l'Autriche, soutenue, sinon poussée par sa grande alliée, entend s'opposer, malgré les déclarations très précises de M. Pachitch, à toute expansion de la Serbie jusqu'à l'Adriatique, lui offrant, en échange, toute liberté vers la mer Egée, ori chacun sait qu'elle n'en pourrait user, sans rompre avec la Grèce et la Bulgarie des accords déjà conclus. Par surcroit, il faudrait qu'elle acceptât une union douanière destinée à la placer dans la dépendance de son impérieuse voisine.

Qu'on jette seulement les yeux sur la carte, et qu'on dise, de bonne foi, s'il est possible, sans une insupportable provocation, de demander à

une notion un pareil sacrifice politique et économique. Ce sont des conditions qu'on peut dicter à des vaincus, ce ne sont pas des concessions qu'on puisse suggérer à des vainqueurs. Et quand, à côté de ces vainqueurs, liés avec eux par des engagements réciproques, il y a des alliés, comme eux forts de leur victoire, cest un acte de folle présomption de formuler une pareille exigence. J'entends dire, je lis qu'il faut conseiller à la Serbie la sagesse et la modération, et je crains que ce ne soit précisément à ce rôle de conseillers bienveillants que ne veuille nous engager la politique allemande.

Mais ce n'est pas à la Serbie, c'est à l'Autriche qu'il convient de recommander la sagesse. Sa responsabilité, dans la crise obscure qui menace l'Europe de la guerre générale, me paraît singulièrement grave, si grave, que je ne puis croire qu'elle en charge son histoire. Son propre intérêt, ses facultés elles-mêmes le lui interdisent.

Comment la monarchie austro-hongroise voudrait-elle sérieusement pousser jusqu'au bout sa campagne d'intimidation? Elle a vingt-deux millions de sujets slaves. Tchèques, Polonais,

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