CHAPITRE XI
TROIS VIEILLARDS DANS L'oMBRE
Il existe au Japon une puissance mystérieuse et dont on ne parle qu'à voix basse. A certaines minutes elle souflle par-dessus la tête du gouvernement comme un vent d'orage et elle le contraint à se plier dans le sens de ses décisions..
L'avant-dernier Président du Conseil, le baron Kato, un Japonais très moderne que Londres a connu et apprécié dans son rôle d'ambassadeur, voulut lui résister. Il était supérieur de toutes les façons, riche et fort. Il résolut de ne pas plier : il dut quitter la place.
Au mois de juillet dernier, le comte Okuma, son successeur, a senti, lui aussi, passer ce vent de l'abîme.
Malgré ses intentions excellentes, le comte Okuma a vu les élections qu'il présidait entachées de scandales ordinaires et extraordinaires. Les choses sont allées si loin que l'opposition a demandé la mise en accusation d'un ministre. On reprochait à ce politicien d'avoir semé trop