II
d'or, trop ouvertement et dans des formes inaccoutumées. La majorité qui, pour une part, sortait de ces largesses, refusait naturellement de se scandaliser. Fort de son appui, le comte Okuma faisait la sourde oreille aux protestations de la minorité.
Soudain, il a entendu des voix qui commandaient :
— Peu importe que votre majorité vous soutienne. Vous avez à vos côtés des gens que vous ne pouvez pas conserver. Faites-les sortir de votre ministère.
Le sacrifice était périlleux, pourtant le comte Okuma a obéi.
Et s'il avait résisté ?
A la première occasion où il aurait eu besoin de l'approbation de l'Empereur, il aurait trouvé portes closes aii Palais. On lui aurait répondu sans autre explication :
- L'Empereur ne donne pas son agrément.
Où gît donc la source haute de ce pouvoir
occulte et maître ?
A l'arrière- plan de sa vie si moderne, si renouvelée, le Japon aperçoit, comme dans une clarté de crépuscule, Trois Vieillards illustres. Hugo aurait dit des « Burgraves » et la Bible des « Anciens de la Nation ». On les nomme les Genero.
Hier encore, ils étaient quatre, mais l'un d'eux,