‹ L'heure du Japon:Chapitre 28 sur 85 · LE JAPON N'A PAS VOULU · texte numérisé non relu

LE JAPON N'A PAS VOULU

fort pour soutenir ses demandes à l'heure de la rétribution. Ce désir est inspiré par un patriotisme éclairé. Il a porté le gouvernement à accroître l'armée de deux divisions, sans demander l'agrément de la Diète. Pour payer les frais de cette organisation nouvelle il a fallu recourir à des virements. On serait au bout de ces ingéniosités. Pour se tirer d'affaire on aurait découvert ce moyen inespéré : appuyer le projet d'une collaboration militaire avec l'Europe. Un tel effort justifierait amplement la création de deux divisions et ferait, tout naturellement, incorporer dans le nouveau budget des dépenses qui déjà sont effectuées.

La vérité est que l'envoi de troupes en Europe a eu au Japon un adversaire décidé et irréductible, l'ancien ministre des Affaires étrangères du cabinet Okuma, le baron Kato, qui fut ambassadeur du Japon à Londres. Je trouve, dans la Reçue diplomatique^ le résumé d'une interpellation dans laquelle le baron Kato, attaqué par l'opposition, a levé un coin de voile sur les négociations qu'il a ouvertes avec les Alliés au sujet de cet envoi de troupes :

<c Kato a dit à la Diète : « Les Alliés n'ont pas « fait de demande et je crois qu'ils n'en feront pas. » Il se contente de dire : « Pas de demande », sans préciser sa pensée. Que fera-t-il si l'Angleterre et ses alliés adressent une demande officielle? Peutêtre ne présenteront-ils pas cette demande. Les

grands pays tiennent à la « face ». Kato a eu l'habileté d'eeqniaaer la réponse. Il est regrettable que les interpellateurs d'hier n'aient pas insisté, n (15 janvier 1915) {!).

(1) Le traité, auquel il sera fait atlusioa plusieurs fois au cours de ces pages, a été signé entre l'Angleterre et le Japon le 30 janvier 1902. 11 n'envisageait d'abord que la protection des droits et des intérêts des deux Puissances contractantes en Corée et en Chine pour le Japon, en Chine pour l'Angleterre. 11 a été révisé et élargi en 1905. Les clauses nouvelles signées à Londres par MM. Lansdowne et Hayashi, le 27 septembre 1905, portent que l'alliance entre les peuples a pour but de sauvegarder et de consoUder la paix générale en Extrême-Orient et aux Indes, de maintenir l'indépendance et l'intégrité de la Chine, de protéger les droits territoriaux des hautes parties contractantes en Asie Orientale et dans l'Inde, de défendre leurs intérêts spéciaux dans ces régions.

L'article principal du traité est conçu en ces termes :

n Si, par suite d'une attaque non provoquée ou d'une

action agressive, quel qu'en soit le lieu d'origine, de la

part d'une ou de plusieurs Puissances, l'une des Parties

Contractantes se trouvait entraînée dans une guerre pour

la défense de ses droits territoriaux ou de ses intérêts spé-

' lUx mentionnés dans le préambule du traité, l'autre

rtie Contractante se porterait immédiatement au secours

son alliée et les deux Parties conduiraient la guerre en

mmun et concluraient la paix d'un commun accord, b

oir k ce sujet un article de M. Lemoine, le Correspondant,

février 1918.)

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