LE CHARME 0£ PEKIN
me suis souvenu des pistes de caravanes qu'autrefois j'ai longuement suivies, à travers les déserts africains : des ossements les jalonnent, tandis qu'au-dessus d'elles l'horizon circulaire se déploie sous le ciel concave.
Un proverbe loyal dit :
« Comparaison n'est pas raison. »
Je ne puis tout de même pas m'empêcher de noter les impressions qui m'assaillent au cours d'une visite du Temple du Ciel, tandis que je gravis les degrés de marbre de l'Autel des Sacrifices. Devant la magnifique audace de cette architecture qui n'a pas craint de ressembler à un devoir de géométrie, j'évoque les sensations que m'ont laissées ces contructions japonaises où la richesse et la splendeur s'unissent. Et, par exemple^ l'image du temple de lésasu, à Nikko. J'ai toutesfraîches dans la mémoire les visions de parties magnifiques. Une superbe réussite s'ajoute ici à une autre, et laisse, finalement, dans l'esprit un total d'émerveillement. Mais, jamais, devant cesarchitectures nippones, je n'ai ressenti l'émotion que m'impose, à cette heure, la simplicité chinoise,, divine et nue. Ce Temple du Ciel est un exact miroir de la passion plastique que ce monde chinois a séculairement nourrie pour les idées générales, — de la faculté qu'il possède encore d'embrasser, avant d'agir, l'entier horizon de la pensée