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LA NEUTRALITÉ DE LA CHINE

d'hostilité pour les commodités d'une guerre où la Chine neutre n'a rien à voir. Ils ont appelé à «ux tous les Allemands qui étaient en âge d'être mobilisés. Ils les ont constitués en corps. Cependant il n'y avait d'accès à Tsing-Tao que par le territoire chinois. A telle enseigne, que, pour permettre aux Japonais d'y accéder, les Célestes ont dû créer artificiellement « une zone d'hostilité ».

Telle est la première et formidable brèche pratiquée par les AUemands dans la neutre hospitalité que les Chinois leur octroient. Voyons maintenant comment ces mêmes Allemands se comportent vis-à-vis des Puissances qui, au même titre qu'euxmêmes, ont droit au bénéfice de la neutralité chinoise.

La Russie prend la parole et constate :

— Au début de la présente année 1916, le capitaine allemand von Papenheim a disparu de Pékin. Il avait sollicité et obtenu du Gouvernement Chinois des passeports et des autorisations a pour aller chasser » en Mongolie. En réalité, il s'était mis en route, en compagnie de six de ses compatriotes, abondamment pourvus d'armes et d'explosifs. Il se proposait d'atteindre le Transsibérien, aux environs du Baîkal, et de faire sauter la ligne et les tunnels. De ce chef il aurait arrêté tout le ravitaillement que, par Vladivostock, la Russie reçoit du Japon et des États-Unis. Pour réussir dans ce

projet, il lui fallait le concours des tribus mongoles. Les chefs, dont il a cru acheter l'appui, vivent en bons termes avec là Russie. Ils l'ont fait tomber dans un piège et au moment où il se croyait assuré du succès ils l'ont massacré, lui et sa bande. L'en* quête russe a tout retrouvé : les papiers, les armes^ les explosifs. îl est établi que l'officier allemand abusait de sa situation militaire dans im pays neutre* Il a profité de sa fonction pour tromper le Gouvernement Chinois. Il a fait sur un territoire neutre acte de belligérant. De ce chef il a engagé la responsabilité de là Chine que le Gouvernement Russe n'aurait pas manquéde mettre en cause dans le cas où- ce projet- aventureux aurait réussi.

La France témoigne :

— Depuis le début de la guerre^ notre frontière indo-chinoise vit en état de troubles. A l'heure actuelle, nous perçons à jour l'origine de ces complots. Les interrogatoires des Annamites rebelles qui ont fait leur soumission, ne laissent pas subsister de doutes sur l'origine du mouvement. Les instigateurs de ces rébellions avouent que l'argent nécessaire à lieurs entreprises est fourni par le consul allemand, résidant en Chine, à Canton. A Miungho, dans le: Haut-Laos, ces rebelles assassinaient les Français, ils se sont emparés d'un poste où ils se sont maintenus pendant la saison des pluies. Ils ont agi avec le concours d'un Autrichien. Ce per-

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sonnage, ancien fonctionnaire de la douane chinoise, a démissionné pour se faire entrepreneur de désordres. II reçoit de Canton des mitrailleuses Maxim.

L'Angleterre précise :

— Ne parlons que de ce qui aboutit à des scandales publics. Sur la route des Indes, les Français viennent d'arrêter le paquebot japonais Iro-Maru. On a trouvé à bord un quidam, hier encore consul d'Allemagne en Chine, à Moukdén et à Hankeou. Au moment où ce passager a compris qu'il allait être capturé il a jeté par-dessus bord son code et le plus qu'il a pu des explosifs dont il était transporteur. Hier, on a établi par voie de justice que, du fait des Allemands, Shang-Hai est en train de devenir un centre d'approvisionnements pour les armes et pour les explosifs que l'on essaie de faire passer aux Indes.

Que penser, au milieu de tant d'aventures, de la neutralité de la Chine ?

Elle n'est plus qu'une robe en loques. La Chine n'ignore pas qu'au lendemain de la paix, les Alliés pourraient bien venir, avec des figures de menace, se plaindre que de telles complaisances aient été longuement tolérées. D'avance elle s'en inquiète. Elle se demande à quels moyens elle pourra recourir pour se justifier aux yeux de trois Puissances redoutables qu'elle a lésées sans le vouloir.

Il serait à souhaiter que le Gouvernement Japonais pesât cet état d'âme chinois. Les journaux nippons que l'on m'envoie de Tokio se demandent avec amertume :

— Est-ce l'Angleterre, la Russie ou la France qui, au moment où nous nous engageons à ne point signer en dehors des Alliés une paix séparée, conseillent à la Chine de se rapprocher d'eux afin de nous lier les mains à nous-mêmes?

La Chine prend ici une initiative toute pereonnelle. L'inquiétude où elle est de ses responsabilités suffirait à expliquer sa conduite. Elle a d'autres raisons encore que l'on peut apercevoir. Les unes d'ordre tout à fait positif, les autres qui relèvent d'une politique et d'un état d'esprit nouveaux»

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