CHAPITRE XXXII COUP d'œil dans l'ame chinoise
Je viens d'avouer à un Chinois qui a pris dans la révolution une part prépondérante, l'étonnement où l'Europe a été plongée quand on lui a dit que la Chine ne se contentait pas de détrôner une dynastie décriée, mais qu'elle voulait recouvrir le trône d'une housse et prendre désormais la figure d'une République.
Mon interlocuteur est d'abord resté silencieux. Évidemment, il souffrait de constater, une fois de plus, que l'Europe accorde peu de crédit aux velléités de réformes que la Chine fait paraître. Enfin il a prononcé :
—• En Europe, où j'ai vécu, on reproche à mon pays d'ignorer la civilisation occidentale : permettez-moi de vous dire, sans paradoxe, que la vraie Chine est, pour le moins, aussi inconnue des Européens. Pour ne parler que de la France, vous nous prêtez, depuis Voltaire, des vertus que nous désirons acquérir et des singularités que nous n'avons pas. Je voudrais illustrer mon propos d'un exemple :