‹ L'Heure enchantéeChapitre 9 sur 13 · QUELQUES CHANSONS I O · texte numérisé non relu

QUELQUES CHANSONS I O

Au ciel qui s'emplit de reflets dorés Monte, en gazouillant, l'alouette grise.

Avec le matin vole dans la brise. Vole, mon cœur, vole au delà des prés

Le baiser revient aux lèvres mi-closes.

Comme l'hirondelle aux toits du château. La porte d'argent s'ouvrira tantôt; Vole, mon cœur, vole au milieu des roses!

L'heure virginale, attendant le jour, Au creux de sa main boit de la rosée; Et puis elle rit comme une épousée.

Vole, mon cœur, vole au jardin d'amour!

Et voici venir, sommeillant encore.

Ses cheveux si blonds sur le ciel tout bleu, Celle qui prétend qu'elle t'aime un peu. Vole, mon cœur, vole au fond de l'aurore!

I08 l'heure ENCHANTÉE

C'était par un beau jour De la saison fleurie.

J'ai rencontré Marie,

Vive l'amour !

J'ai rencontré Marie, Au fond de la prairie.

— Belle aux fraîches couleurs.

Aux yeux de violette, Qu'as-tu donc, bachelette,

Vivent les fleurs !

Qu'as-tu donc, bachelette, A soupirer seulette?

— Cher amoureux, bonjour.

Mon cœur, où peut-il être?

L'oiseau, par la fenêtre,

Vive l'amour ! L'oiseau, par la fenêtre, A fui loin de son maître.

— Ce sont les oiseleurs Ou les enfants, que sais-je ?

Qui l'auront pris au piège,

Vivent les fleurs!

Qui l'auront pris au piège.

En forêt, sous la neige.

QUELQUES CHANSONS lOÇ

— Il était sans détour, Si naïf et si tendre!

11 n'a su se défendre,

Vive l'amour î Il n'a su se défendre.

On a bien pu le prendre.

— Belle, sèche tes pleurs.

Ton cœur est libre encore.

Il chante dans l'aurore,

Vivent les fleurs !

Il chante dans l'aurore Pour celui qui t'adore.

Tu m'aimes pourtant, O rose des roses, Tu m'aimes pourtant, Toi que j'aime tant.

J'ai vu dans tes yeux.

J'ai vu tant de choses !

J'ai vu dans tes yeux L'infini des cieux !

Ton corps enchante Me suit comme un rêve. Ton corps enchanté N'est que volupté.

lO L HEURE ENCHANTÉE

Ta bouche sourit; C'est la bouche d'Eve.

Ta bouche sourit Et tout refleurit.

Je suis le foyer ; Toi, la belle flamme.

Je suis le foyer :

Viens m'incendier.

Écrase mon cœur, Souffle sur mon âme; Écrase mon cœur, Perdu de langueur.

Je te bercerai Dans la mousseline, Je te bercerai.

Tout un soir doré.

Et tu dormiras Câline, câline.

Et tu dormiras.

Câline, en mes bras !

Les Rois Mages

LES \OIS McAGES

A minuit sonnant passent les Rois Mages. Ils viennent tous trois du pays lointain Où fleurit la rose, où naît le matin.

Ils vont à Jésus rendre leurs hommages.

Ils vont saluer l'enfant printanier,

Son père Joseph, sa mère Marie.

Deux sont blancs, avec la barbe fleurie;

Le troisième est noir comme un charbonnier.

Tandis qu'ils dormaient, la couronne en tête. Un ange du ciel éblouit leurs yeux :

— « O rois, levez-vous, le monde est joyeux; O rois, levez-vous, la terre est en fèto.

« Allez promptement. Le Sauveur est né, Parmi les pasteurs, au fond d'une crèche. » La brise souffla, divinement fraîche.

Et tout le palais fut illuminé.

Ils ont pris congé de la reine brune Dont la bouche en fleur a soudain pâli. Ils ont embrassé l'héritier joli ; Les voilà partis dans la nuit sans lune.

Ils vont, galopant par monts et par vaux, Franchissant les bois et les chènevières; Ils sautent d'un bond fleuves et rivières. Et la terre tremble sous leurs chevaux.

Us vont. Leurs manteaux traînent sur la brande Ou filent gaiement par les prés mouillés. Trente petits nains, de rouge habillés.

Sur des coussins verts portent leur offrande.

Et toujours, loin, loin dans le firmament, Une étoile brille et les accompagne.

Sa douce lueur endort la campagne.

Sous la nuit sans lune, ineffablement.

Voici qu'en pleins champs apparaît l'étable. L'étoile s'arrête et la troupe aussi.

« Holà, font les Rois, entrons. C'est ici Que nous trouverons l'enfant délectable. »

Page 1