‹ L'heure qui passe;Chapitre 11 sur 63 · A MONTMARTRE · texte numérisé non relu

A MONTMARTRE

Plus haut que les "escaliers chers à Gustave Charpentier, tout près du Sacré-Cœur, dont l'architecture est encore plus déplorable de près que de loin — tout en haut, presque dans le ciel. L'implacable compositeur D... narre imperturbable :

— « La scène représente une répétition d'un orchestre célèbre. Au pupitre, dominant ses musiciens, M. C..., assis. Les instruments s'accordent: l'inextricable fouillis de sons que vous connaissez. Quelques claquements secs. Silence. — « Attention!...» La baguette du chef d'orchestre s'élève. Elle plane un instant, puis, résolue, s'abaisse. Elle esquisse quelques-uns de ses parcours habituels. Silence. Le front creusé par une ride coléreuse, M. C... se dresse. — « Eh ! bien ! Messieurs les violons?... —

« Pardonnez-nous. . Nous croyions que vous battiez une mesure pour rien... » Le maître daigne sourire. Il se rassied, et avec une lenteur insistante, il énonce : — « Vous savez bien, pourtant, que je ne bais jamais une mesure pour rien ! »

D... se tait. A nos pieds la splendeur du Paris nocturne s'étale, fauve et bleue, dans la féerie de son illumination. A l'horizon flou, la Ville rejoint le ciel. Ses candélabres brillent parmi les étoiles.

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