I. Flic, flac, floc, flic, disent les gouttes
Flac, floc, flac, répond le carreau.
Ce sont des mots d'amour sans doute Que se disent le verre et l'eau ? Ou, serait-ce une raillerie, Au passant trempé qui s'émeut D'être sorti sans parapluie ?
Les vitres parlent quand il pleut.
(Les vitres parlent, p. 19.)
IL J'ai vu, dans les triomphes d'août, l'orgueil des plaines Tressaillir aux efforts puissants des moissonneurs... ... J'ai vu par les cités fumeuses d'ouvriers Frissonner vers le Ciel les usines fécondes Tandis que s'abattant aux enclumes de feu Les marteaux martelaient des chants de fer joyeux !. . . J'ai vu, le long des quais, meurtris de charges lourdes Des hommes, demi-nus, fauves, échevelés...
(La Magie de voyages, p. 65.)
III. C'est à toi qui m'appris (Toi dont les yeux célestes Sont anxieux encor de tous mes jours prochains), A dire, agenouillé sur tes genoux austères,
Le front bas, à mots lents, et joignant les deux mains, Ma prière du soir...
A ma mère, p. 74.
IV. Il brûle dans la chambre où, les prières dites, Le prêtre et le mourant parlent d'éternité;
La nuit, sur l'autel brut, auprès de l'eau bénite, Le cierge veille avec la soeur de charité.
(Cierges d'église, p. 1 10.)