‹ L'heure qui passe;Chapitre 27 sur 63 · NANTES-LA-BRUME · texte numérisé non relu

NANTES-LA-BRUME

Œuvre curieuse, impure et vigoureuse. M. Garnica de la Cruz doit être jeune. Son livre porte en épigraphe : Tout ou rien. L'outrance des débuts, pas toujours belle mais intéressante sans cesse, se donne libre carrière dans ses pages. Il est dommage que M. de la Cruz n'ait pas écrit ce roman dix ans plus tard. Alors, peut-être, aurait-on parlé de Nantes-la- Brume, comme de Bruges-la-Morte ou de Versaillesaux-Faniômes, — Versailles-aux-Fanlômes, le somptueux livre, trop peu connu, du précieux artiste Marcel Batilliat.

Telle quelle, cette œuvre décèle chez son auteur des dons incontestables d'écrivain satirique et descriptif. Je ne veux souligner ni les graves défauts ni les excellentes qualités que j'y distingue. Je ne sais pas, en effet, si ces défauts modifiés ne nous vaudront pas d'étincelantes pages, et je ne suis pas certain non plus que ces qualités ne deviendront pas de regrettables attributs.

Le talent de M. Ludovic Garnica de la Cruz est en pleine genèse. Nantes -la-Brume nous donne la forme incertaine et tumultueuse de la réaction qui s'effectue. M. de la Cruz peut la diriger. Qu'il choisisse bien ses réactifs. La cristallisation définitive dépend de ce choix.

Mais, surtout il importe de signaler le bel effort régionaliste que constitue Nantes-la-Brume.

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