‹ L'heure qui passe;Chapitre 3 sur 63 · II PAGES LIMINAIRES · texte numérisé non relu

II PAGES LIMINAIRES

Cuirassés d'escadre ou vapeurs, Bricks de commerce ou yachts de course, Luisants et clairs comme des sources, Moteurs battant comme nos cœurs,

Je vous admire et vous envie.

Vous nous invitez au départ...

Je voudrais pouvoir, sans retard, Vous suivre tous, — toute ma vie !

Partir cent fois, partir toujours, Aller vers des terres nouvelles Sous les voiles qui sont les ailes Des navires géants et lourds,

Fuir les hommes et la douleur D'aimer qui ne peut vous comprendre Et n'avoir plus à se défendre Des importuns et des menteurs,

Vivre sur les flots anonymes

Toujours mouvants, toujours fleuris,

Songer à ceux qui ont péri

Sur ces monts bleus aux blanches cimes!.

Ils sont morts jadis ou naguère, Loin de tous, sans râles, sans cris, Seuls !... Moi j'aurais un grand mépris Du trépas, si loin de la terre.

Pas de families épJorées Autour du triste moribond...

Ah ! pouvoir faire le Grand Bond Dans cette immensité moirée !

Page 1