‹ L'heure qui passe;Chapitre 4 sur 63 · PAGES LIMINAIRES III · texte numérisé non relu

PAGES LIMINAIRES III

Xe point songer à ceux qu'on laisse, Ne point se savoir regretté, Disparaître un matin d'été, Sombrer comme une lueur baisse !

Avoir vu tous les horizons De notre monde : — avant les autres ! Le Gange où des gavials se vautrent, Le Far-West peuplé de bisons,

Le Japon fleuri de glycines, Les vallons où croît le cyprès ; Les plaines, les lacs, les forêts, Le soleil, la neige, la bruine

Sur tous les sites, sans repos l Avoir vécu, sans but ni trêve, Une existence ardente et brève Parmi l'infini bleu des eaux !...

L'autre rêve de sommeil, de repos et de solitude, — d'une existence paisible et naturelle, au milieu d'un décor de Rodenbach où le silence ignorerait jusqu'à l'appel des coqs, jusqu'aux cris étouffés des chiens de garde dans les fermes lointaines:

... Je voudrais vivre seul dans une maison basse Au milieu d'un pays calme, — loin des cités. Je n'y verrais jamais des touristes, l'été, Et je reposerais ma pauvre âme très lasse.

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