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remplacer lesjuges par un tribunal arbitral. Ils espèrent déjouer ainsi les influences et détruire la corruption. Or, il est probable que les arbitres se laisseraient plus facilement aller à la simonie des verdicts que les magistrats.
Mais ce qu'il importe de réformer surtout c'est, je ne cesserai jamais de le répéter, l esprit de la magistrature et l'esprit du barreau. Cela ne peut être accompli que par une action orale et écrite incessante.
Pratiquement, quelques améliorations pourraient être déjà réalisées. La lenteur des procès!... Pourquoi ne pas vaincre la déplorable habitude qui consiste à perdre une heure avant les séances à toutes les affaires en cours, alors que deux ou trois seront seules jugées?... D'autre part, un magistrat nous déclarait qu'il n'y a pas assez de juges, à Paris surtout, où d'innombrables affaires demeurent en suspens des années.
Certes, la question est vaste. Plusieurs volumes ne suffiraient pas pour la traiter. Je m'arrête en notant seulement que des œuvres théâtrales capables de susciter des débats de ce genre, me paraissent de beaucoup supérieures aux petits plats sucrés que nous servent la majorité de nos cuisiniers dramatiques. Et, en envoyant un grand salut à Paul et à Victor Margueritte, je suis heureux de constater qu'ils font partie des hommes que la Croix, la Libre Parole et la Gazette de France, aïeule radoteuse, appellent des anarchistes ou des « apaches ». Les autres signent Paul Hervieu, Brieux, Anatole France...