ALBERT MANCEAU, ADJUDANT
Il y a deux ans de cela, un dimanche, après midi, notre conversation fut interrompue par un léger coup de timbre. Nous étions paisiblement assis, en cercle, sous les feuillages frais de notre petit jardin d'Asnières. Oublieux de Paris (pourtant si proche !) et des éditeurs, nous nous laissions aller, étendus sur de l'osier, aux douceurs d'une conversation intime sur l'art, sur les choses, sur les gens, sur nous. Qui pouvait bien venir nous surprendre ainsi?... Emile Guillaumin, nous dit-on. Guillaumin !... Il venait de publier, avec le succès que l'on sait, sa fameuse Vie d'un simple, qui fit trembler Léon Frapié à cause de sa Maternelle en instance pour le prix Goncourt. Octave Mirbeau, d'ailleurs, dans un article admirable, n'avait pas caché que la Vie d'un simple aurait son suffrage et plusieurs autres. J'avais imprimé mon sentiment sur cet ouvrage, et Guillaumin, « le laboureur d'Ygrande », venait gentiment me remercier. Je me souviendrai toujours de cette visite. Guillaumin entra, timide, un peu gêné dans ses habits de fête et tenant son chapeau à deux mains. Il était très « paysan endimanché ». Il apparaissait, avec une précision et une vigueur inoubliables, l'homme de son livre. Lorsqu'il se fut assis, lorsqu'il sentit autour de lui
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une atmosphère d'intérêt et de sympathie, il redevint lui-même complètement. Il nous raconta sa vie, làbas, dans l'Allier, ses journées de travail en plein air et ses soirées d'écriture, quand il n'était pas trop las. Il ajouta :
— Mais c'est surtout l'hiver que je travaille, quand il n'y a plus guère de besogne dans les champs...
Il nous expliqua comment il composait, simplement, sincèrement, en s'appliquant à bien faire sentir à ses lecteurs ce qu'il savait voir, à décrire la vie du paysan non en touriste ou en poète, mais en homme de la terre qui aime son pays, son labeur, qui comprend la poésie intense de son terroir et qui souffre aussi dans l'angoisse de voir prospérer sa moisson, « profiter » ses bestiaux, et ses ventes sur le « foirail ». A le considérer, à l'entendre, il me semblait que je revivais des heures aimées passées jadis dans un coin de Bourgogne où je promenais, à travers la vraie vie de « terriens », ma résurrection lente de convalescent las des villes d'eaux. Les gestes de Guillaumin « demandaient » à être ailés par les amples plis de la blaude et son visage fin gardait dans ses traits le reflet glorieux des blés, qui sont eux-mêmes un reflet du soleil. Guillaumin venait pour la première fois à Paris. Les droits d'auteur payés par l'éditeur Stock lui permettaient ce luxe. Il nous narra ses visites, son émotion lors de l'accueil de Mirbeau, qui a le caractère difficile que beaucoup lui prêtent seulement pour ceux qu'il croit être des « gendelettres »purs. Il nous fit part de sa joie à la pensée que le prix Goncourt
(sur lequel il comptait) lui permettrait d'acheter le petit bien qu'il convoitait depuis longtemps. Parmi notre parisianisme, édulcoré pourtant, les paroles de Guillaumin résonnaient d'une façon si paisible, si sincère, si simple, si neuve, que la sensation ressentie fut d'une profondeur inattendue.
Quelques jours plus tard, comme nous parlions du « laboureur d'Ygrande », Jean Ajalbert répondit à Poinsot : « La Vie d'un simple est fort belle, en effet. Pourtant je ne sais pas s'il pourra nous donner d'autres beaux livres. C'est un peu une autobiographie, son oeuvre... » Nous dûmes convenir, en effet, que Guillaumin avait toutes les qualités et tous les défauts des bons autodidactes. D'ailleurs, ce dernier ne cachait pas qu'il avait peu lu et peu étudié. Il connaissait à peine Zola et il ignorait Flaubert. Je ne crois pas qu'il l'ignore aujourd'hui. Il nous donna depuis, Près du soL qui fut publié par la Revue de Paris, puis édité, comme il est d'usage, chez Calmann. Il nous offre aujourd'hui Albert Monceau, adjudant. Je note dans ce roman deux progrès incontestables : le livre est mieux charpenté que les précédents, et un effort de style s'y manifeste, en même temps que le souci de rester constamment impartial et surtout véridique, véridique complètement, sans faiblesse ni complaisance. Les idées de Guillaumin sont très précises et très saines, et Albert Manceau, adjudant est un type qui demeurera. Il est le « chien de quartier» avec toutes ses tares et toutes ses excuses, ni bon, ni méchant, aboyeur par imitation, timidité, nervosité,
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alcoolisme, « rengagé », paysan que la caserne pétrit,, retient, corrompt, égare, — attristante loque humaine que soutient mal une épée « de fantaisie » !... Quelques Tant qu'à... (au lieu de Quant à...) trahissent encore le villageois dans l'écrivain, mais la plupart des pages de l'œuvre nouvelle de Guillaumin évoquent irrésistiblement le souvenir de Zola, — du meilleur Zola.
J'écris ces lignes-ci devant le calme d'une petite rue méridionale dans laquelle le soleil précipite des ombres bleues, une petite rue où des vignes en auvents et des « campanettes » rouges en treilles piquent des notes gaies. Guillaumin les lira peut-être accoudé sur sa faulx immobilisée un instant parmi les andains. Il comprendra qu'elles furent tracées loin de Paris, « la ville empoisonnée», selon le mot du pauvre Lorrain, parti de notre Fécamp à vingt ans pour n'y revenir qu'à cinquante — et mort... sans avoir eu le temps d'achever l'évolution qu'il commençait. (Et à côté de reconnaissances aussi émouvantes que celle de Mlle Trouhanowa envers son premier auteur et ami, il aura souri amèrement de ceux qui lui devaient tout et qui ne parurent pas à ses obsèques.)
Vous ne connaîtrez jamais ces laideurs, Guillaumin ! Trahit sua quemque voluptas. Or, vous êtes altruiste. Vous avez beaucoup d'amis. Vous les ignorez. Vous êtes heureux !
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A L ODEON
A propos de la « première » de « Glatigny », drame de M. Catulle Mendès. — Notre surprise fut grande après la « première » de Scarron. Rien ne manquait à cette œuvre débordante de jolies choses et de beautés nouvelles, ni le faste de la mise en scène, ni le choix des interprètes, ni la sympathie quasi-unanime de la presse et des lettrés. Pourtant Scarron ne réussit point. Il ne peut pas advenir quelque chose de semblable pour Glatigny... ou ce serait à désespérer de l'intelligence des gens qui fréquentent les théâtres de Paris ! Je n'ignore pas que Dranem, idiot de génie, aura toujours plus de succès que M. Lugné-Poë... auprès d'un incertain public. Je n'ai pas la naïveté de croire que, parmi les morts, Gustave Flaubert soit plus lu que Paul de Kock ou que, parmi les vivants, Anatole France réunisse plus de fidèles que Marc Mario. Mais je sais qu'il existe deux publics principaux, et je crois que celui parmi lequel l'Odéon recrute ses « salles » applaudira longtemps l'œuvre vigoureuse, jolie, spirituelle, pathétique, vengeresse, neuve, et (pour tout dire d'un mot banal mais commode) l'œuvre admirable du beau poète, du curieux romancier, de l'aimable critique, de Térudit et bienveillant confrère qu'est
Catulle Mendès. Mendès a traversé son temps le sourire et la rime auxlèvres. Il a tendu ses mains ouvertes vers les poings fermés des impuissants et des jaloux. Si nous le raillons parfois, c'est sans aigreur et parce qu'il est dans le tempérament français de « blaguer » nos idoles. Tout le monde a lu les comptes rendus de Glatigny. Demain tout le monde aura lu cette œuvre pour laquelle Tarride a fait des prodiges de talent, pendant que M. Ginisty réalisait des miracles de faste. Il est probable que cette reconstitution des « milieux d'art » du deuxième Empire est infiniment plus jolie et plus pittoresque que la réalité passée. Qu'importe ? La sensation produite est profonde. Elle a été suscitée avec un art parfait et une entente merveilleuse de l'optique théâtrale. Une seule critique : la façon dont nous voyons, au quatrième acte, la scène et les coulisses du concert où Glatigny improvise, est ingénieuse mais trop conventionnelle. Qu'importe encore ? On ne fait cette remarque qu'après, car, dans ce cadre, se place Tune des plus émouvantes actions scéniques de notre art dramatique moderne. Et puis, les vers chantent, tintent, pleurent, râlent si bien !... Si Mendès n'avait pas été de l'âge de Glatigny, ce n'est peut-être pas pour Banville, mais pour lui que l'auteur des Vignes folles aurait voulu se battre !
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... Ce grand corps vraiment maigre et que nul lard ne
C'est Albert Glatigny. comédien et barde, [barde,
Qui, lorsqu'il ne fait pas des vers par les chemins.
Suit, en habit rayé, Thalie aux blanches mains.
Mais que, devant ses yeux, vole cet hippogriffe :
La Rime! Alors, pareil au pic de Ténériffe,
Il se dresse!... Il enfourche au sein des airs vermeils
Ce coursier qui se brûle aux cheveux des soleils;
Citoyen de l'espace, il se rit des cadastres,
Etdans l'azur qu'embrase un fourmillement d'astres.
Bravant tous les dangers que le vulgaire a craints,
Il s'envole, tenant le monstre par les crins!
Cet adorable portrait fut rimé par Théodore de Banville.
... « Comédien avec passion, rimeur par nature et tellement en dehors de la foule qu'il paraissait presque être, lui-même, la création chimérique d'un poète, plutôt qu'un homme de chair et d'os. C'était, à vrai dire, une figure d'un autre âge, égarée dans un temps prosaïque : Bohème, non pas comme Mûrger, mais comme Panurge; acteur, non pas comme un de nos honorables de la scène mais comme « l'Étoile » ou « la Rancune ; » poète que le sort fit, par une étrange antithèse, contemporain de M. Pailleron et parent des grands artistes de la Pléiade. Tout en lui était harmonique, sa poésie si éclatante, son personnage si étrange et d'un tel relief, sa vie qui était tour à tour une ode de Ronsard ou un chapitre de Pantagruel, tant il était né pour échapper à nos vulgarités! »
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Ce vigoureux portrait fut buriné, en 1874, par Camille Pelletan.
Pauvre Glatigny ! Pauvre victime de cette erreur, si pathétique, d'hier, qui faisait aimer la « Sainte- Bohème» comme si l'enthousiasme, l'art, les chefsd'œuvre n'étaient pas permis en dehors de cette folie vaine ! Combien de génies réalisés furent des bohèmes?... Peu. Personne, d'ailleurs, ne peut prétendre que l'exquis Verlaine n'aurait pas écrit Sagesse s'il n'avait été bohème. En revanche, il est permis de croire que, s'il n'avait pas été lancé dans cette voie douloureuse par une sorte de déséquilibre dont il ne fut pas responsable, il n'aurait point commis ses Invectives. Oscar Wilde n'est pas grand parce qu'il a commis des erreurs. Villon ne vit pas dans la mémoire des hommes, parce qu'il eut des mœurs spéciales. Notre génération l'a compris. C'est à son honneur. J'aime mieux Guillaumin laboureur à Ygrande, que Guillaumin claque-patins rue Lepic.
Le Glatigny de Mendès se hausse souvent à la hauteur d'un symbole. Il est une leçon et un document.
Pauvre Glatigny ! Il pouvait vivre si heureux à Lillebonne !... Il aurait pu donner, dans le calme d'une vie digne et doucement heureuse, des compagnons à ses deux délicieux volumes. Le manuscrit des Antres Malsains, lui-même (on nous le montre au foyer de l'Odéon), est écrit avec un soin de comptable ; et il demeure, hormis ses paradoxes littéraires, ceci d'une des dernières lettres de Glatigny, du temps où il était fiancé avec l'admirable Emma Dennie, qui sut aimer
ses baisers rouges de poitrinaire : « Le doux sentiment réfléchi que j'ai pour elle a poussé mystérieusement ses racines depuis longtemps. Jamais il ne m'était arrivé d'éprouver cette immense joie d'aimer une femme honnête, bonne, pure, que l'on respecte. Comment a-t-elle voulu de moi ? Je suis laid et je n'ai jamais su parler qu'à des cabotines. Comme je vais travailler* maintenant et avoir du talent !... Je l'aime, si vous saviez!... Et je vous le dis comme je n'ose pas le lui dire à elle-même... Tout est changé en ?noi : je vois la vie autrement... »
La mort le faucha peu après. A trente-quatre ans !' Depuis l'âge de seize ans le malheureux poète promenait son génie à travers la France. Il allait, vivant au jour le jour, s'exhibant comme improvisateur, dans les concerts et dépensant, pour mourir de faim, plus d'intelligence et de talent qu'il ne fallait pour vivre bien s'il avait su régler sa vie. Qu'on se présente le malheureux en scène, attrapant au vol l'une après l'autre les rimes que lui lançaient les spectateurs, les inscrivant à mesure sur un tableau noir, et rédigeant immédiatement d'un jet la pièce tout entière. Labeur fabuleux que Glatigny, qui n'avait pas toujours mangé, recommençait dix fois par soirée. Voici un dizain de lui, qu'il composa dans un café quelconque de Clermont-Ferrand :
A d'autres de trouver charmantes les banquises Et d'y faire sombrer navires et bateaux ; Parlez-moi de Hambourg, de Bade, des marquises, Et des croupiers saxons brandissant leurs râteaux.
Dût-on dire que, loin d'avancer, je recule, Ce spectacle me plaît : Auri sacra famés ! Ta tunique, Nessus, vient de quitter Hercule, Elle va me brûler, si je n'invoque Hermès'. Mais assez divagué! ma muse a la chlorose Et je me vois forcé d'attendre les moissons Pour lui rendre ce teint carminé, frais et rose. Que. seule, a l'églantine au milieu des buissons (i).
Ah ! écrire la vie de Glatigny ! la vie des Damnés de la littérature...
Pauvre Glatigny, victime trop sincère d'une époque de cabotinage et de passivité... Et le dernier mot de l'œuvre de Mendès est celui-ci, que sanglote si bien Mlle Bellanger : « Pauvre petit! »
ASNIERES (SEINE)
Bureau de Postes. — A côté de moi, un homme, debout, rédige un télégramme. Il est modestement vêtu de noir. Son visage griffé de rides, ses paupières capotées, ses mains maigres qui tremblent se rappellent à mon souvenir. Une longue barbe blanche.
(i) Recueilli par M. Lazare Job.
en fourche, tombe, comme celle d'un noyé, sur le gilet. Le dos en coupole supporte mal cette tête, où de rares cheveux ondes se convulsent mollement. Un accablement indicible pèse sur cet être silencieux, dont la plume trace des lettres rigides, régulières et comme impérieuses. J'ai déjà vu ce visage, cette barbe, ce front, cette écriture... Mais...
Mon voisin va signer. J'épie... J'ai vu. Il a tracé son nom, déjà oublié, de vaincu : J. Jalu^ot.
...Et jelevoisramassersa monnaie d'un geste avide, puis partir, courbé, vieilli de dix ans, lamentable, vers sa villa de La rue des Écoles. Le soleil narquois roule dans le ciel comme une énorme pièce d'or...
A L ODEON
La dernière « première » de M. Ginisty. — Je ne voudrais pas être désagréable à M. Paul Ginisty, à qui je ne dois rien, ne serait-ce que pour me distinguer d'un grand nombre d'auteurs qui lui doivent beaucoup. M. Ginisty ne fut pas un directeur comparable à ceux de la Porte Saint-Martin, par exemple, qui offrirent à notre curiosité inquiète des œuvres vastes
comme la Jeunesse des mousquetaires, Vingt ans après et les Exilés. A la bonne heure ! Voilà des hommesdethéâtrequislntéressentaux destinées du théâtre contemporain et jouent les jeunes ! On sait, en effet, que les Exilés sont dus à la collaboration de trois auteurs, dont le principal (M. Sardou) ne signa pas, et que M. Sardou commit cette œuvre au temps de sa jeunesse sage (1877). — Ne raillons plus. M. Ginisty nous a donné des œuvres de valeur, qui (à quelques rares exceptions près) peuvent se diviser en deux classes : a) les pièces jeunes ayant pour auteurs de glorieux vétérans pas toujours vieux ; b) les pièces surannées ayant pour signataires de timides débutants pas toujours jeunes. Je regrette que le dernier spectacle monté par M. Ginisty se range dans cette dernière catégorie. Ce choix fût-il fait par une bonté d'âme à triple effet, savoir : pour obliger trois auteurs peu joués; pour ne pas laisser trop de regrets; pour aider au triomphe certain du Napoléon qui se fait appeler Antoine? Je l'ignore. Mais qu'il me soit permis de dire ce que je sais. (M. Ginisty me pardonnera; il a pu apprécier naguère ma bienveillance.) Je suis au regret de constater que le dernier spectacle de l'Odéon est franchement ennuyeux. — V Étrange Aventure de M. Gleize ne peut plus paraître étrange au public. Elle ressemble beaucoup — on l'a dit — à The admirable Crichton, comédie anglaise de M. J.-M. Barrie, qui triomphait, il y a quelque temps, à Londres. Elle ressemble beaucoup plus — on ne l'a pas dit — au bon roman (paru depuis deux ans) de
Paul Brulat : 1' Eldorado. Même sujet : un navire fait naufrage : les passagers sont assez mal à l'aise sur la fatale île déserte, alors qu'un des matelots, ingénieux, adroit, vigoureux, sait « se tirer d'affaire» et « tirer d'affaire » ses compagnons dont il devient le chef. (Dans Y Eldorado, le « chef» est un Hercule.) Brulat louait la force. M. Gleize prône l'adresse. Le bateau sauveur apparaît « comme de bien entendu » et les naufragés reprennent tous leur rang social parmi l'hypocrisie de la civilisation. C'est tout. C'est peu.
Le Jeu des Ans et de l'Amour, de MM. Aderer et Ephraïm, n'est plus amusant depuis longtemps. : (Allez donc proposer un « écarté» à des fervents du bridge !...) Le Jeu des Ans, etc.. hésite entre le marivaudage et le vaudeville. On y débrouille au petit bonheur une série de malentendus peut-être sentimeni taux entre une nièce et une tante, celle-ci plus jeune \ que celle-là qui pense être épousée par le joli et sem- \ piternel chevalier (lequel prend la tante pour la nièce) et Test finalement par le vieux duc, bien connu, d'abord heureux de convoler avec la nièce, puissatisi fait de s'unir à la tante. C'est tout. Ce n'est rien.
M. Ginisty s'en va. Beaucoup de gens l'accablent qui, hier encore, se vautraient à ses pieds. Je ne lui donnerai pas le coup de pied de l'âne. Mais je déplore cette fin de direction. Pourquoi n'être pas parti sur un triomphe, au lieu de se retirer après une évidente défaite? M. Antoine serait incapable de disparaître
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ainsi. A la scène, il sort comme M. Ginisty, simplement. Mais à la ville, ses sorties — et je l'approuve — et il« s*en fiche »! — valent celles de M. Mounet-Sully dans la Vieillesse de don Juan. Elles sont impressionnantes. M. Ginisty s'en va. Volenti non fit injuria.