PARIS, RUE DU HAVRE
Les livres persistent à encombrer les éventaires, — dans ce Paris d'été, déshonoré par les « Cooks », envahi par des Arabes aux burnous douteux, par des Chiliens aux pierreries insolentes et indubitablement fausses, par des Saxons au poil rouge, par des filles aux chignons en brioches —dans ce Paris intolérable que, à peine revenu, je vais fuir avec horreur — ce Paris défiguré, lugubre, hideux, où l'on étouffe dans: les rues pareilles — entre les « six étages » plus in-Jj sipides que jamais —à des cuves de pierre surchauf-fl
fées...
Un profil admirable se penche sur un livre de Darwin. Ce regard, doux et clair, comme un ciel dtfj «chez nous », ces moustaches de vieux gaulois, cegîj fiers cheveux longs et neigeux qui gardent leurs courbes tumultueuses de naguère : c'est bien lui,
l'heure qui passe iy3
c'est le « prince des Poètes », c'est Léon Dierx !... Il ressemble, de plus en plus, à Leconte de Lisle, — en plus petit, ou, mieux, en moins grand !...
Des tziganes, non loin, trépident en hachant et en râlant tout à tour les épilepsies martiales de Borel- Clerc et les langueurs lascives de Capua... Paris d'été!... Fuyons I...