‹ L'heure qui passe;Chapitre 6 sur 63 · PAGES LIMINAIRES · texte numérisé non relu

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Je ne veux rien regretter de la vie. Je ne veux pas oublier mon devoir social. Mais ces notes brèves me permettent, aux heures d'intimité, d'abandon, de revivre mon passé, de ressusciter des émotions disparues et de constater la transformation de mon être cérébral à mesure que ma guenille charnelle, obéissante aux lois de la nature, suit les métamorphoses qui la ramèneront à la terre d'où elle est péniblement sortie à travers les âges. Elles faciliteront, ces notes, la tâche de « rassembler les éléments épars de ma personnalité » et de distinguer, peut-être, à quel tvpe fixe d'individu j'appartiens. Moi qui suis né dans la féerie des pavs d'Ouest, parmi les conflits éternels d'un Océan brutal et magnifique, couleur de chanvre et d emeraude. et d'un sol riche et placide couvert de blés en cuivre, d'oeillettes en opale, de trèfles en velours écarlate et de colzas en or ! Moi qui ai grandi entre les rivalités de la multitude sédentaire fleurant la paille sèche, la laine humide, le marc de pommes, et de la population voyageuse odorant le brai, la saumure et l'embrun, — dans ce Fécamp où se répondent le grondement des galets, sur la plage, et le murmure du vent à travers les arbres, au-

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