‹ L'heure vengeresse des crimes bismarckiensChapitre 11 sur 13 · I. HEURE VENGERESHE · texte numérisé non relu

I. HEURE VENGERESHE

celle qui lesdcmineHoutesest, sans contredit^ cette passion d'armements dont se réclament sans cesse ceux qui y poussent et y sacrifient le plus et qu'ils affirment n'avoir pour but et pour fin que la paix, rien que la paix.

. A mesure que lesdits armements se perfectionnent en vue d'une exécution plus rapide, que les régiments augmentent, que les forteresses se bâtissent plus menaçantes, que les chemins de fer stratégiques quadruplent les facilités de jeter les uns sur les autres plus d'hommes pour la victorieuse tuerie, il nous faut croire sur commande prussienne que la paix devient plus certaine et que la Triple Alliance , qui est l'expression suprême de cette paix armeuse, nous apporte à chaque heure plus de sécurité.

Voilà ce qui résulte de l'état des choses sous le règne de l'universel et pacifique potentat qui a nom M. de Bismarck. L'Autriche n'a plus une menace pour la Russie, l'Italie n'en a plus une pour la France, l'Angleterre est à tout jamais daiis le plus complet « parallélisme » d'intérêts, selon l'expression du Standard, avec la Russie et avec l'Allemagne. - .

Trouve4-on, à cette heure, en Angleterre coihme en Suisse, les traditions de fierté, d'indépeôddance qui. étaient jusqu'aujourd'hui l'orgueil et l'honneur de la Grande-Bretagne? Ce déploiement de forces navales,^ cette démonstration par la preuve d'une importance dontM. de Bismarck a

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taat de fois parlé avec respect, n'est-elle pas l'aveu d'une faiblesse morale? Autrefois, l'Angleterre se contentait d'imposer sa puissance, elle ne l'étalait pas. L'éclat de la revue de Spithead, le nombre des vaisseaux qu'une tempête peut réduire, n'ont pas, à mon avis, la valeur de certains mots héroïques des grands ministres anglais d'autrefois. La résistance du petit peuple suisse, qui, on peut le dire en riant, ne s'appuie pas sur sa marine, a plus de tournure que cet étalage de la flotte anglaise qui semble avoir été fait pour être marchandé.

L'empereur Guillaume est amiral anglais honoraire, la reine Victoria chef d'un régiment allemand.

Le Standard, et le Moming Post, dévoués à la politique de lord Salisbury, répètent sous toutes les formes que l'Allemagne ayant la première armée du monde et l'Angleterre la première marine, toutes deux doivent s'unir et dominer le monde. Il y a un maisy c'est que si l'analogie de leurs intérêts est complète, comme l'affirme le Standard, il est impossible que toutes deux convoitent la même part en face du même gâteau.

En apparence, la légitime rancune de la reine Victoria pour les tortures infligées à son gendre, la chevaleresque indignation du prince de Galles pour les procédés de l'empereur Guillaume vis-àvis de sa mère, ont fait place à la cordialité la

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plus sincère, voire la plus tendre. Tout ce qui a soulevé la conscience publique en Europe est absous. Sur cette miraculeuse réconciliation, une alliance va-t-elle se greffer? Je ne le crois pas.

l*"" Septembre 1889

. de Bismarck est prêt à faire & TAngleterre tous les sacrifices temporaires pour s'assurer son concours en temps de guerre. — Le roi Maliétoa est rétabli par les Allemands & Samoa. — M. de Bismarck blâme toutes les manifestations coloniales de la presse allemande. — L'amitié anglaise, dit la Norddeutsch, est plus précieuse qu'une expédition sur le haut Nil.

M. de Bismarck, qui affecte à certaines heures tant de dédain apparent pour l'empire des mers, et l'empereur d'Allemagne qui vient de se convaincre qu'on ne décrète pas une marine comme celle de la Grande-Bretagne, se montrent prêts h faire à l'Angleterre des sacrifices aussi bruyants que temporaires pour assurer son « unité d'action avec la Triple Alliance en cas de guerre ».

Dans ces derniers temps, des preuves, bien qu'elles aient dû être coûteuses à l'amour-propre prussien, ont été fournies à l'insatiable Albion du soi-disant désintéressement colonial de l'Allemagne. A Samoa, les agents de M. de Bismarck, on se le rappelle, dépossédèrent brutalement un jour le roi Maliétoa au profit de [Mataafa, leur

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