LA CONDAMNATION A MORT
je ne serais pas parvenu à prouver la vérité. Mais je reste convaincu que j'avais raison. Quel motif a pu décider cette substitution de personne ? je l'ignore. L'aîné, celui qui a accompagné sa tante, était maître des requêtes ; a-t-il eu de la répugnance à se présenter comme témoin à charge ? Je n'ai pas revu ces deux messieurs depuis cette époque. Et à mon retour en France, après cinq ans d'exil, il n'était plus temps et il aurait été impossible de porter la lumière sur un fait aussi étrange.
L'avocat général Hua était un homme qui avait l'esprit fort exalté, et je ne suis pas la seule victime de son injuste sévérité, que partageaient à cette époque plusieurs autres officiers du parquet. Il s'était fait mon ennemi particulier. La violence de ses attaques, l'acharnement de sa haine lui firent repousser avec brutalité tout ce qui pouvait se présenter en ma faveur. L'issue du procès fut au reste utile à sa fortune : il fut nommé conseiller à la cour de Cassation.